SCÈNE VII
LES MÈMES, BIGREDON.
BIGREDON, aimable.
Bonjour, bonjour!
PHILIBERT, sèchement.
Bonjour!
BIGREDON.
Je vais mieux, vous savez.
PHILIBERT
Ça me fait bien plaisir.
BIGREDON.
Hier soir, au restaurant, j'étais mal à mon aise; c’est parce que j'avais trop attendu pour souper. Ce matin, j'ai fait venir votre médecin.
PHILIBERT
Mon médecin?
BIGREDON.
Oui. Il m'a donné une drogue excellente.
PHILIBERT
Que vous avez fait prendre chez mon pharmacien?
BIGREDON.
Parfaitement... et me voici remis.
PHILIBERT
Allons, tant mieux!
BIGREDON.
Et prêt à recommencer ce soir.
PHILIBERT
Ca, c’est moins sûr, c'est moins sûr! Monsieur Bigredon, le moment est venu de vous parler sérieusement... Je crois que, si vous voulez continuer à être le bienvenu ici, il vaut mieux ne plus remettre les pieds dans mon établissement. Qu'est-ce que c'est encore que cette histoire de bouquet que vous m'avez fabriquée ? Voilà que vous me faites offrir des fleurs à des grues, maintenant? Ce matin, c'était un défilé de poules dans la maison... (A mi-voix.) dans cette maison... où habite ma fille! Ah! si je ne me retenais pas! (4 Yvonne, avec une voix tremblante.) T'as bien pris ta leçon d'anglais?
Il ne s’agit pas de ça, papa... Je désirerais te parler
au sujet d'Albert. Depuis quelque temps, il n’est plus possible, je lui fais observations sur observations.
BIGREDON.
C’est très bien, ça.
PHILIBERT
Pourquoi est-ce très bien ?
BIGREDON.
Il faut lui faire heaucoup d'observations pour qu’il finisse par être excédé et par rendre son tablier.
YVONNE
Ah! c’est comme ça! Ah! c’est comme ça! Eh bien,