ACTE TROISIÈME
vous pouvez être tranquille! Monsieur, je ne comprends rien à vos combinaisons, mais il ne faut pas que vous compliez sur moi pour les faire aboutir; je trouve ça dégoûtant, si vous voulez le savoir... monsieur Bigredon! Au revoir, monsieur Bigredon! Elle s’en va.
PHILIBERT
Elle a raison! Elle a raison! Je suis un fou de vous avoir suivi dans cette affaire-là!
BIGREDON, inspiré.
Monsieur Philibert, il me pousse une idée merveilleuse qui va sauver la situation.
PHILIBERT
Je ne veux pas la savoir.
BIGREDON.
Vous ne voulez pas la savoir... Eh bien, vous ne la saurez pas...
PHILIBERT
Dites-la toujours, ça n'engage à rien.
BIGREDON, Vous connaissez la jeune fille qui vient de sortir?
PHILIBERT
Ma fille?
BIGREDON, fatidique.
Il faut qu’Albert épouse votre fille.
PHILIBERT
Épouser ma fille ?
BIGREDON.
Eh bien, est-ce que ce n’est pas une idée géniale?
PHILIBERT
Oh! voyons! voyons! voyons! (Il reste immobile, en proie à un travail de réflexion.) Pour un homme intelligent, vous n'êtes pas si bête que ça. Vous savez qu'Albert ne manque pas de qualités, au fond... Il ne boit ‘plus, et il a plus d'instruction qu’il n’en a l'air. Je’ le soupçonne même de n'être pas sans délicatesse. Non, mais voilà, ma fille n’en voudra jamais.
BIGREDON.
Pourquoi ça?
PHILIBERT
Ah! la fierté! la fierté! Il suffit qu’Albert ait été garçon de café ici. ( BIGREDON.
Ah! voilà bien le résultat des leçons d'anglais... Estce qu'on fait prendre des leçons d'anglais aux jeunes filles ?
PHILIBERT
J’ai peut-être eu tort?
BIGREDON.
Quelle idée vous avez eue de lui faire apprendre l'anglais, pour habiter les Ternes!
PHILIBERT
D'autant que tous les Anglais des Ternes parlent français.
BIGREDON.
Monsieur Philibert, mon vieux monsieur Philibert, il faut la décider... Dites-lui qu’Albert a un pépin pour Giles.
Ce n’est pas vrai!