ACTE TROISIÈME
MOILU.
Je te connais, je connais Gobet, je connais l’autre, là, le blond, que je sais pas son nom. L’autre individu que vous avez avec vous, je ne le connais pas.
PELLOT, à l'homme grisonnant.
C'est de toi qu'il parle?
L'HOMME GRISONNANT
Faut croire. Déjà, hier, il m’a serché des raisons. PELLOT, à Moilu. Pourquoi que tu y cherches des raisons?
MOILU.
J'y cherche aucune raison. Je le connais pas. Je connais pas ceusse qui n’ont pas de médaille, et qui viennent prendre le boulot des médaillés.
PELLOT, à l'homme grisonnant.
C'est vrai que tu n’as pas de médaille?
L'HOMME GRISONNANT
J’en aurai une le quinze, qu’on m'a promis.
PELLOT
Qui est-ce qui t’a dit ça?
L'HOMME GRISONNANT
L’'empoyé.
PELLOT
L’employé d’où ça?
L'HOMME GRISONNANT
A la mairerie. - MOILU.
L'employé y a rien dit.
PELLOT
Laisse donc! C’est possible que l'employé y a dit... Seulement, mon garçon, en attendant qu'on vous donne votre médaille, faut vous mettre un peu de côté,
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laisser d’abord travailler les médaillés. Puis, au cas au’il reste des voyageurs à servir, vous viendrez après ‘nous pour leur proposer leurs bagages.
L'homme se lève et va s'asseoir un peu plus loin. MOILU, venant s'asseoir à côté de Pellot.
T'es trop bon, mon Pellot. Regarde un peu cette tenue. Ça retombe sur nous. On est regardé comme des voyous.
PELLOT, regardant Gobet.
Gobet n’est pas bien propre non plus.
MOILU.
Gobet, ça ne fait rien. Il est connu dans le pays.
GOBET, sentencieux.
Pour sûre MOILU.
L'homme blond, là, que je connais pas son nom,
n’est pas trop bien fichu. Quand est-ce que tu fais couper tes douilles ?