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SCÈNE I LE GARDIEN CHEF, LE DÉTENU, MARIE

LE GARDIEN CHEF, ouvrant une porte.

Allons, mon vieux, faut rentrer en cellule... Vous devez être fatigué.

520 JEANNE DORÉ

LE DÉTENU

Ah! oui! J’ai plutôt travaillé, monsieur le chef gardien. Savez-vous combien j'ai fait de fauteuils?

LE GARDIEN CHEF

Des petits fauteuils de poupées?

LE DÉTENU

Bien sûr, pas des fauteuils pour des personnes. J’en ai fait quatorze, et j'avais presque fini le quinzième. quand vous m'avez appelé... J'étais pas pressé d’aller me coucher... (11 va pour entrer et recule.) Oh! ce que ça sent le renfermé, là-dedans! Je vous en prie, attendez cinq minutes, que la porte reste un peu ouverte.

LE GARDIEN CHEF

C’est qu'il est tard. Il est dix heures passées. Et demain matin on se lève de bonne heure.

LE DÉTENU, montrant la cellule à côté.

C'est demain matin? Pourquoi m'’avez-vous dit <a? Moi, je ne dors pas déjà si bien... Je vais y penser et je ne m’endormirai pas du tout... Ce n’est pas la première fois que ça m'arrive?

De quoi?

LE DÉTENU

De passer la nuit à côté d’un condamné capital... C'était ici même, il y a neuf ans... Darceau, l’incendiaire….

LE GARDIEN CHEF

Je n'étais pas encore ici...

LE DÉTENU

Je suis plus ancien que vous dans la maison.

LE GARDIEN CHEF

Mais vous en êtes sorti depuis?

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