ACTE DEUXIÈME
rageusement. Ou plutôt je lui écrirai. Je lui écrirai une lettre où je prendrai tout sur moi.
BARTHAZARD, avec autorité.
Tu n’écriras pas cette lettre.
HENRI
Je vais l'écrire, et tout de suite!
BARTHAZARD.
Ne crie donc pas si fort, le père Gonthier est là.
HENRI
Eh bien, qu'il vienne en ce moment! Je suis surexcité... Peut-être que je lui parlerai.
BARTHAZARD.
Écoute, va m’attendre chez moi. Je te demande une demi-heure de discussion, mais de discussion paisible... Je te convaincrai.
HENRI
Je t’accorde une demi-heure, mais tu ne me convaincras pas... Ah! quel soulagement, quel orgueil j'aurai à me promener et à dire aux gens : « Je n’ai pas le sou! Je suis dans la débine! Je suis dans la nasse ! Je suis dans la mouise! »
BARTHAZARD.
Tais-toi! Tais-toi!
HENRI, continuant.
Je suis décavé! Je suis fauché! Je suis un purotin! Il sort très exalté.
BARTHAZARD, seul, marchant avec énervement.
Non! non! Mais qu'est-ce que je vais faire de cet
imbécile? C'est très dangereux cette histoire-là! Il va tout me flanquer par terre. (On sonne.) Allons, bon,
voilà du monde! Comment vais-je m'en tirer mainte-.
nant? Ah! j'aime mieux avoir affaire à des crapules qu'à des crétins de ce tonneau-là! Au moins, avec des crapules, on se défend!