‹ ThéâtreChapitre 72 sur 250 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MADAME EDMOND

Henri! Henri! À Berthe a un léger tressaillement à ce nom.

LOUISE, à Berthe, à mi-voix.

Il s'appelle aussi Henri. (Henri, qui était monté par un autre escalier au premier étage, descend à toute vitesse l'escalier qui est au fond. Berthe et Henri, de chaque côté de la scène, restent . immobiles d'émotion en s’apercevant. Louise à madame Edmond.) C'est pour mademoiselle qui va se marier. (Madame Edmond s'incline d’un air approbateur. Louise haut.) C’est nous, ses amies, qu’elle veut bien charger de choisir ses meubles.

MADAME EDMOND

Quels meubles désirez-vous voir?

LOUISE, vivement.

Ceux que vous avez au premier.

MADAME EDMOND

Au premier, ce sont les meubles de salle à manger.

LOUISE, vivement.

Justementl!... (Elles montent l'escalier.) Monsieur, pendant ce temps, montrera les meubles de salon.

Madame Edmond regarde Henri d’un air un peu inquiet, puis elle suit Louise et Jeanne en feuilletant son carnet.

BERTHE, d'une voix émue.

Vous avez des meubles de salon, monsieur?

HENRI, d'une voix entrecoupée.

Oui, mademoiselle, nous avons des meubles de salon. Un salon Louis XV, six fauteuils, un guéridon, un canapé, dix-neuf cents francs... Un salon empire, quatre fauteuils, une garniture de cheminée, tout compris deux mille neuf cents francs.

MADAME EDMOND, presque en haut de l'escalier, regardant Henri d'un air de pitié.

Il est aussi fait pour vendre des meubles que moi pour danser sur un fil.

BERTHE

Vous n'avez rien de Louis XVI?

HENRI

Non.

MADAME EDMOND, se retournant.

Comment, non?

HENRI, vivement.

Si, nous avons des quantités de modèles Louis XVI : huit fauteuils, deux canapés, imitation de Beauvais, figures ou fleurs à volonté.

MADAME EDMOND, s’en allant.

S'il arrive à quelque chose!

LOUISE, paraissant, à madame Edmond.

Madame, nous avons vu une très jolie armoire là-bas. Voulez-vous venir la montrer à mon amie?

MADAME EDMOND

Où çà, mademoiselle ?

LOUISE

ont la bise vTouLla bas

Elle la fait passer devant et reste un moment au haut de l’escalier. Henri et Berthe se regardent en silence.

BERTHE, très doucement.

C’est un guet-apens de Louise, mais je ne lui en veux pas. Je ne suis pas fâchée de vous revoir une dernière fois et de vous dire que je vous pardonne.

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