‹ ThéâtreChapitre 106 sur 314 · L.\FFEMAS · texte numérisé non relu

L.\FFEMAS

Que dites-vous donc là dans vos dents ? SAVERNY.

Je calcule Qu'il est faux que le sang passe par la jugule, Et qu'on devrait punir Pecquet et les savants Qui, pour voir leurs poumons, ouvrent des chiens vivants.

LAFFEMAS

C'est affreux! Ces docteurs sont sans miséricorde! Ce sont des cruautés à punir de la corde !

SAVERNY

Vous les pendriez bien, n'est-ce pas.''

LAFFEMAS

A l'instant.

J'en ai fait pendre cent qui n'en faisaient pas tant ! Ces pauvres chiens! Vivants!

SAVERNY

Vous avez dû connaître Monsieur le maréchal de Marillac?

LAFFEMAS

Mon maître !

Je le porte en mon cœur. — Oui, c'est moi qui lui lis Trancher la tête en Grève. 11 avait quatre fils Charmants!

SAVERNY

Et Bassompierre .''

Un vaillant de Castille !

Un dieu ! C'est moi qui l'ai conduit à la Bastille.

SAVERNY

Et monsieur Henri deux, duc de Montmorency?

158 xMARlON DE LORME.

LAFFEMAS, la main sur son cœur.

Il est là. — Je l'ai fait décapiter aussi, Avec Souvré, Lansac, Champmaillard , Boiscervoise. Ces bons amis! jamais ils ne m'ont cherche noise. Il n'en est qu'un qui m'ait garde rancune, un sot ! un sur

Jars, qui reçut sa grâce au pied de l'cchafaud. Nous ne nous voyons plus depuis.

SAVERNY

Et Bouttevillc?

LAFFEMAS

Celui-là m'a traité d'une feçon civile!

J'en pleure d'y penser. Je l'ai fait décoller

Aux Halles. Non, en Grève. Ah! cela fait trembler!

Pour un duel ! — Maintenant un duel vaut la potence.

SAVERNY'

C'est renchéri.

LAFFEMAS

Hé bien, moi qui lus leur sentence.

J'aime tous ces gens-là. — Souvré m'a fait prévôt, Lansac m'a tait baron. Le Marillac me vaut La lieutenance, avec la maison de campagne. Montmorency m'a fait intendant de Champagne. Ma petite fortune enfin, je la leur dois. •

SAVERNY, à part.

Il jouit à compter des têtes sur ses doigts ! Des morts de sa façon i! fait sa litanie. Les fait décapiter, pendre en cérémonie. Puis 11 leur dit après son ora pro nohis!

A la scène suivante, Laffemas vient de reconduire le marquis de Nangis desespéré.

LAFFEMAS, revenant.

Ah ! vraiment ! quel malheur I

S.WERNY, amèrement.

Avoir pris Savcrny vous vaudrait quelque oflice.

LE MANUSCRIT DE MAKION DE LOKME. 159

LAFFEMAS

Ah ! ce n'est pas pour moi ! J'ai fait mon sacrifice.

BRICHANTEAU, bas à Saverny.

Quel est cet homme noir ?

SAVERNY, bas.

LafFemas.

BRICHANTEAU, tressaillant.

Le corbeau Est noir de même, et vient à l'odeur du tombeau. Que veut ce juge ici.?

SAVERNY, bas.

Prendre mon excellence

BRICHANTEAU , bas.

Devant un tel témoin, plus que jamais, silence!

Comme variante de la première scène du troisième acte, nous avons retrouvé une curieuse page, isolée, du même format que le manuscrit. Sur cette page, sans indication d'acte ni de scène, trois versions; dans l'une, la scène se passe au troisième acte entre Brichanteau et Laffemas, avec Saverny pour témoin; peu de variantes. Les deux autres versions mentionnent Laffemas, Bellegarde, L'Angely, l'abbé de Gondi ; nous sommes donc chez le roi et au quatrième acte.

Entre Larfcmas. Les courtisans l'accablent de politesses.

BELLEGARDE, à L'Angely.

Boutfon, quel est cet homme à fourrure d'hermine?

L'ANGELY

A oui de toute part on fait si bonne mine ?

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