ACTE I. — M. DE SAINT-VALLIER
Vous voudrez, pour forcer ma vengeance à se taire, Me rendre au bourreau. Non. Vous ne l'oserez faire. De peur que ce ne soit mon spectre qui demain
Montrant sa tête.
Revienne vous parler, — cette tête à la main!
LE ROI , comme suffoqué de colère.
On s'oublie à ce point d'audace et de délire!... —
A M. de Pienne.
Duc! arrêtez monsieur!
M. Je Pienne fait un signe, et deux hallebardiers se placent de chaque coté de M. de Saint-Vallier.
TRIBOULET, riant.
Le bonhomme est fou, sire!
M. DE S.\INT-VALLIER, levant le bras.
Soyez maudits tous deux ! —
Au roi.
Sire, ce n'est pas bien.
Sur le lion mourant vous lâchez votre chien !
A Tri boulet.
Qui que tu sois, valet à langue de vipère,
Qui fais risée ainsi de la douleur d'un père.
Sois maudit! — ,
Au roi.
J'avais droit d'être par vous traité Comme une majesté par une majesté.
Vous êtes roi, moi père, et l'âge vaut le trône. Nous avons tous les deux au front une couronne Où nul ne doit lever de regards insolents. Vous, de Heurs-de-lys d'or, et moi, de cheveux blancs. Roi, quand un sacrilège ose insulter la vôtre. C'est vous qui la vengezj — c'est Dieu qui venge l'autre!