‹ ThéâtreChapitre 158 sur 314 · ACTE II. — SALTABADIL · texte numérisé non relu

ACTE II. — SALTABADIL

TRI BOULET

Tant pour un lumime?

l.'IKJMMlv, avec un sii^nc affirmalif.

A moins... que vous dirai-jc, moi.'' Qu'on n'ait tue, mon Dieu!... qu'on n'ait tué... le roi!

TRIBOULET

Et comment t'y prends-tu.''

L'HOMME

Monsieur, je tue en ville Ou chez moi, comme on veut.

TRIBOULET

Ta manière est civile.

L'HOMME

J'ai, pour aller en ville, un estoc bien pointu. J'attends l'homme le soir...

Chez toi, comment fais-tu.''

L'HOMME

J'ai ma sœur Maguelonne, une fort belle fille Qui danse dans la rue et qu'on'trouve gentille. Elle attire chez nous le galant une nuit. . .

TRIBOULET

Je comprends.

L'HOMME

Vous voyez, cela se fait sans bruit.

C'est décent. - — Donnez-moi, monsieur, votre pratique. Vous en serez content. Je ne tiens pas boutique. Je ne fais pas d'éclat. Surtout, je ne suis point De ces gens à poignard, serrés dans leur pourpoint, Qui vont se mettre dix pour la moindre équipée, Bandits dont le courage est court comme l'épée.

Il ;ire de dessous sa cape une épée démesurément longue.

Voici mon instrument.

Triboulct recule d'etîroi.

Pour vous servir.

TRIBOULET, considérant Vépée avec surprise.

Vraiment!

— Merci, je n'ai besoin de rien, pour le moment.

L'HOMME, remettant l'épée au fourreau.

Tant pis. — Quand vous voudrez me voir, je me promène Tous les jours à midi devant l'hôtel du Maine. Mon nom , Saltabadil.

Bohême.''

L'HOMME, saluant.

Et bourguignon.

M. DE GORDES, écrivant sur ses tablettes, au fond. Bas, à M. de Pienne.

Un homme précieux, et dont je prends le nom.

L'HOMME, à Triboulct.

Monsieur, ne pensez pas mal de moi, je vous prie.

TRIBOULET

Non. Que diable! il faut bien avoir une industrie!

L'HOMME

A moins de mendier, et d'être un fainéant, Un gueux. — J'ai quatre enfants. . .

TRIBOULET

Qu'il serait malséant De ne pas élever. . .

Le congédiant.

— Le ciel vous tienne en joie!

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