‹ ThéâtreChapitre 182 sur 314 · ACTE III. — LE ROI · texte numérisé non relu

ACTE III. — LE ROI

M. DE PIENNE, à pirt.

Diable !

Parlant au gentilhomme entre deux yeux et avec colère.

On vous dit, comprenez-vous ceci.'' Que le roi ne peut voir personne !

TRIBOULET, éclatant et d'une voix de tonnerre

Elle est ici !

Elle est avec le roi !

Étonnement dans les gentilshommes.

M. DE GORDES

Qu'a-t-il donc? il délire!

Elle !

TRIBOULET

Oh! vous savez bien, messieurs, qui je veux dire! Ce n'est pas une affaire à me dire : Va-t'en!

— La femme qu'à vous tous. Cessé, Pienne e: Satan, Brion, Montmorency,... la femme désolée

Que vous avez hier dans ma maison volée,

— Monsieur de Pardaillan, vous en étiez aussi! — Oh! je la reprendrai, messieurs! — Elle est ici!

x\I. DE PIENNE, riant.

Triboulet a perdu sa maîtresse! Gentille Ou laide, qu'il la cherche ailleurs.

TRIBOULET, effrayant.

Je veux ma iîlle !

TOUS

Sa hlle!

Mouvement de surprise.

TRIBOULET, croisant les bras.

C'est ma fille! — Oui, riez maintenant! Ah! vous restez muets, vous trouvez surprenant Que ce bouffon soit père et qu'il ait une fille! Les loups et les seigneurs n'ont-ils pas leur famille .'' Ne puis-je avoir aussi la mienne.'' Allons! assez!

D'une voix terrible.

Que si vous plaisantiez, c'est charmant, finissez!

thÉ.^ire. — II. 21

tui'P.iurnii: x^TioMLr.,

Ma hlle, je la veux, voyez-vous! — Oui, l'on cause, On chuchote, on se parle en riant de la chose. Moi, je n'ai pas besoin de votre air triomphant. Messeigneurs, je vous dis qu'il me faut mon enfant!

Il se jette sur la porte du roi.

Elle est là!

Tous les gentilshommes se placent devant la porte, et l'empêchent. MAROT.

Sa folie en furie est tournée.

TRIBOULET, reculant avec désespoir.

Courtisans! courtisans! démons! race damnée!

C'est donc vrai qu'ils m'ont pris ma fîUe, ces bandits!

— Une femme à leurs yeux, ce n'est rien, je vous dis! Quand le roi, par bonheur, est un roi de débauches. Les femmes des seigneurs, lorsqu'ils ne sont pas gauches. Les servent fort. — L'honneur d'une vierge, pour eux, C'est un luxe inutile, un trésor onéreux.

Une femme est un champ qui rapporte, une ferme Dont le royal loyer se paie à chaque terme. Ce sont mille faveurs pleuvant on ne sait d'où. C'est un gouvernement, un collier sur le cou. Un tas d'accroissements que sans cesse on augmente!

Les regardant tous e.i face.

— En est-il parmi vous un seul qui me démente ? N'est-ce pas que c'est vrai, messeigneurs.'' — En effet

Il va de l'un à l'autre.

Vous lui vendriez tous, si ce n'est déjà fait. Pour un nom, pour un titre, ou toute autre chimère, A M. de Brion.

Toi, ta femme, Brion!

A M. de Gordes.

Toi, ta sœur!

Au jeune page Pardaillan.

Toi, ta mère!

UN PAGE se verse un verre de vin au buffet, et se met à boire en fredonnant.

Quand Bourbon vit Marseille,

11 a dit à SCS gens :

Vrai Dieu! quel capitaine. . .

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