ACTE IV. — BLANCHE
Que cette Maguelonne est fraîche, vive, alerte!
Se redressant.
J'espère bien qu'il a laissé la porte ouverte. — Oui, c'est bien!
Il se recouche, et un moment on le voit profondément endormi sur le grabat. Cependant Maguelonne et Saltabadil sont tous deux dans la salle intérieure. L'orage a éclaté depuis quelques instants. Il couvre tout de pluie et d'éclairs. A chaque instant des coups de tonnerre. Maguelonne est assise près de la table, quelque couture à la main. Son frère achève de vider, d'un air réfléchi, la bouteille qu'a laissée le roi. Tous deux gardent quelque temps le silence, comme préoccupés d'une idée grave.
MAGUELONNE, en soupirant.
Ce jeune homme est charmant!
SALTABADIL
Je crois bien ! Il met vingt écus d'or dans ma poche.
MAGUELONNE
Combien ?
SALTABADIL
Vingt écus.
MAGUELONNE
Il valait plus que cela.
SALTABADIL
Poupée!
Va voir là-haut s'il dort. N'a-t-il pas une épée.'' Descends-la.
Maguelonne obéit. L'orage est dans toute sa violence. On voit paraître, au fond. Blanche, vêtue d'habits d'homme, habit de cheval, des bottes et des éperons. En noir. Elle s'avance lentement vers la masure, tandis que Saltabadil boit, et que Maguelonne, dans le grenier, considère avec sa lampe le roi endormi. ♦
MAGUELONNE, les larmes aux yeux.
Quel dommage!
Elle prend l'épée.
Il dort. Pauvre garçon!
Elle redescend et rapporte l'épée à son frère.