‹ ThéâtreChapitre 198 sur 314 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LE ROI, endormi dans le grenier, SALTABADIL et MAGUELONNE dans la salle basse, BLANCHE , dehors.

BLANCHE, venant à pas lents dans l'ombre, à la lueur des éclairs. 11 tonne à chaque instant.

Une chose terrible! — Ah! je perds la raison.

- — Il doit passer la nuit dans cette maison même.

— Oh! je sens que je touche à quelque instant suprême! —

Mon père, pardonnez. Vous n'êtes plus ici.

Je vous désobéis d'y revenir ainsi.

Mais je n'y puis tenir. —

S'approchant de la maison.

Qu'est-ce donc qu'on va faire ?

Comment cela va-t-il hnir.^ — Moi qui naguère, Ignorant l'avenir, le monde et les douleurs. Pauvre fille, vivais cachée avec des fleurs. Me voir soudain jetée en des choses si sombres! — Ma vertu, mon bonheur, hélas! tout est décombres! Tout est deuil! — Dans les cœurs où ses flammes ont lui L'amour ne laisse donc que ruine après lui ? De tout cet incendie il reste un peu de cendre! Il ne m'aime donc plus! — -

Elle pleure amèrement. Relevant la tête.

Il me semblait entendre.

Tout à l'heure, à travers ma pensée, un grand bruit.

Sur ma tête. Il tonnait, je crois. — L'afFreuse nuit!

Il n'est rien qu'une femme au désespoir ne fasse.

Moi qui craignais mon ombre!

Apercevant la lumière de la maison.

Oh! qu'est-ce qui se passe .^

Elle avance, puis recule.

Tandis que je suis là. Dieu! j'ai le cœur saisi. Pourvu qu'on n'aille pas tuer quelqu'un ici!

Maguelonne et Saltabadil se remettent à causer dans la salle voisine.

SALTAB.-^DII..

Quel temps!

MAGUELONNE

Pluie et tonnerre.

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