‹ ThéâtreChapitre 206 sur 314 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TRIBOULET seul, l'ail tixé sur le sac.

Il est là! — - Mort! — Pourtant je voudrais bien le voir

T.îtant le sac.

C'est égal, c'est bien lui. — Je le sens sous ce voile. Voici ses éperons qui traversent la toile. — C'est bien lui!

Se redressant et mettant le pied sur le sac.

Maintenant, monde, regarde-moi.

Ceci, c'est un bouffon, et ceci, c'est un roi! — Et quel roi! le premier de tous! le roi suprême! Le voilà sous mes pieds, je le tiens. C'est lui-même. La Seine pour sépulcre, et ce sac pour linceul. Qiji donc a fait cela.''

Croisant les bras.

Hé bien! oui, c'est moi seul. — Non, je ne reviens pas d'avoir eu la victoire. Et les peuples demain refuseront d'y croire. Que dira l'avenir.'' quel long étonnement Parmi les nations d'un tel événement!

Sort, qui nous mets ici, comme tu nous en êtes! Une des majestés humaines les plus hautes. Quoi, François de Valois, ce prince au cœur de feu, Rival de Charles-Quint, un roi de France, un dieu, — A l'éternité près, • — un gagneur de batailles Dont le pas ébranlait les bases des murailles, . Il tonne de temps en temps.

L'homme de Marignan, lui qui, toute une nuit. Poussa des bataillons l'un sur l'autre à grand bruit. Et qui, quand le jour vint, les mains de sang trempées, N'avait plus qu'un tronçon de trois grandes épées, Ce roi! de l'univers par sa gloire étoile. Dieu! comme il se sera brusquement en allé! Emporté tout à coup, dans toute sa puissance. Avec son nom, son bruit, et sa cour qui l'encense, Emporté, comme on fait d'un enfant mal venu, Une nuit qu'il tonnait, par quelqu'un d'inconnu! Quoi! cette cour, ce siècle et ce règne, fumée! Ce roi qui se levait dans une aube enflammée,

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