‹ ThéâtreChapitre 233 sur 314 · MM · texte numérisé non relu

MM

Maubant.

F. Febvre.

.leanne Samary

MM

de Fcraudy.

PruJ'hon.

BaiUet.

H. Samary.

P. Reney.

Joliet.

ViUain.

Garraud.

Boucher.

Frémaux.

Jouassaint.

MM

Hamel.

Leloir.

REVUE DE LA CRITIQUE

La bataille avait ctc ardente; les querelles d'écoles étaient toujours aussi vives. La politique jouait cependant le plus grand rôle. François I" était défendu par la presse royaliste avec autant

d'acha

acharnement que s

'il

fût

Louis-Philippe : quelques écrivains officieux prenaient volontiers sous leur pro-

tection la morale qui leur paraissait outragée. Aussi la critique, tout en rendant liomm.ige à la vigueur de la pensée, à la beauté de la langue , se montra plutôt rigoureuse dans ses jugements. Elle dut reconnaître cependant que le caractère de Triboulct était fortement tracé.

Dans la Kcviie des Deux-Mondes , Gus-

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tavc Planche, malgré certaines réserves et quelques critiques sur la méthode suivie par le poète dans la conduite du mouvement des passions, fut contraint de s'incliner devant la puissante évocation «des plus sublimes visions» :

Depuis dix ans, M. Hugo n'a pas innové moins hardiment dans la langue que dans les idées et les systèmes littéraires. Il a imprimé aux rimes une richesse oubhée depuis Ronsard, aux rythmes et aux césures des habitudes perdues depuis Régnier et Molière et retrouvées studieusement par André Chénier. Au mouvement, au mécanisme intérieur de la phraséologie française, il a rendu ces périodes amples et dottantes que le dix-huitième siècle dédaignait, qui avaient été s'effaçant de plus en plus sous les petits mots, les petits traits, les petites railleries des salons de M°" GeofFrin. L'éclat pittoresque des images, l'heureuse alliance et l'habile entrelacement des sentiments familiers et des plus subHmes visions, que de merveilles n'a-t-il pas faites! Nul homme parmi nous n'a été plus constant et plus progressif. La voie qu'il avait ouverte, il l'a suivie courageusement sous le feu croisé des moqueries et du dédain. D'année en année , il révélait une nouvelle face de son talent, et en même temps un nouvel ordre d'idées. — Chacun de ses ouvrages signale un perfectionnement très sensible dans l'instrument littéraire; mais tous pourtant sont empreints d'un commun caractère : ils procèdent plutôt de la pensée solitaire et recueillie, écoutant au dedans d'elle-même les voix confuses de la rêverie et de l'imagination, que d'un besoin logique de systématiser sous la forme épique et dramatique les développements d'une passion observée dans la vie sociale ou d'une anecdote compliquée d'incidents variés. Dans le roman, dans le drame comme dans l'ode, il est toujours le même. Il lui faut des contrastes heurtés, qui fournissent au développement stratégique de ses rimes, de ses similitudes, de ses images, de ses symboles, de magnifiques occasions de périlleux triomphe:. — Pour le maniement de la langue, M. Hugo n'a pas de rival; il fait de notre idiome ce qu'il veut. Il le forge et le rend solide, âpre et rude comme le fer, il le trempe comme l'acier, le fond comme le bronze, le cisèle comme l'argent ou le marbre. Les lames de

Tolède, les médailles florentines ne sont pas plus acérées ou plus délicates que les strophes qu'il lui plaît d'ouvrer.

Le Journal des Débats , dans un article signé R. subit l'impression de la bataille qui s'est livrée dans la salle ; et ne pouvant pas s'attaquer à la beauté des vers , il est réduit à se présenter en défenseur de la morale :

Cet ouvrage n'a pas réussi, non peut-être qu'il ait été plus sifflé qu'applaudi. L'artillerie des sifflets et celle des applaudissements étaient également bien servies. La pièce s'est glissée jusqu'à la fin entre ces deux feux opposés, si bien qu'on ne saurait dire ni que l'auteur ait été nommé, ni qu'il ne l'ait pas été. Mais ce qui est plus funeste à cet ouvrage, c'est qu'il n'a jamais excité un pressant intérêt, jamais il n'a jeté dans l'âm; des spectateurs des émotions profondes de terreur et de pitié; ou si quelquefois le public a rendu unanimement justice à des beautés de premier ordre, il accordait alors son juste suffrage à des vers admirables, à des tirades excellentes, au mérite poétique, non pas à des événements, à des situations, enfin au drame même.

... Mais si M. Hugo a succombé, ce n'est pas, du moins, par défaut de force, de vigueur; c'est par le vice de son système; c'est qu'il a voulu peindre des moeurs que repousse la décence, ou, s'il veut, la prudence de notre scène; c'est parce qu'il a cru qu'il pouvait passer d'un genre à l'autre, ou plutôt confondre tous les genres. Le jour où il s'apercevra de cette erreur, où il viendra à la sévère et grande manière de l'antiquité, une haute place lui est réservée parmi les poètes de notre théâtre. Et cette pièce, quelle qu'elle soit, lui seul encore pouvait la faire.

Le Moniteur universel.

... Un seul caractère a paru bien tracé, celui de Triboulet. C'est la profondeur, la pensée, la manière de sentir de Qmsimodo. Là, tout respire la chaleur et la vie. Les développements de l'amour paternel, surtout cette adoration pour sa fille, produisent un grand effet.

... Ligier a donné 3U rôle de Tribouict une force, une expression dignes d'éloges. Il ser.iit difficile de mieux saisir ou plutôt d'.ivoir mieux deviné ce caractère, de le rendre plus dramatique, plus thé.îtral.

... II a fallu toute la puissance de son organe, son intelligence de diction pour ne pas tomber haletant sous les longues tirades dont ce rôle est hérissé.

La Quotidienne.

La défaite de M. Hugo n'est pas une défaite honteuse, c'est un combat dans lequel le vaincu a succombé avec gloire; il a lutté avec un courage très remarquable, pendant quatre heures; en un mot, il est tombé en grand homme et avec honneur comme les héros d'Homère. M. Hugo n'est pas un auteur ordinaire, c'est un poète distingué qui s'est mis à la tête d'une école littéraire et qui résume à lui seul toutes les qualités et les défauts de cette école; il est l'expression complète de ses nouvelles doctrines.

L,e Co.

• français.

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