ACTE II. — LA RENCONTRE
L'ANGELY lui prend la main et la mène en silence devant l'écriteau.
Lisez.
MARION. Elle lit et recule avec horreur.
Dieu ! juste Dieu ! Li mort ! Ils me l'ont pris ! Ils le tueront! C'est moi qui le perds par mes cris! J'appelais au secours, mais à mes cris funèbres La mort venait, hâtant ses pas dans les ténèbres! — C'est impossible! — Un duel! est-ce un si grand forfait.'' A L'Angely.
N'est-ce pas qu'on ne peut le condamner.''
Si fait.
MARION
Mais il peut s'échapper.
L'ANGELY
Les murailles sont hautes !
MARION
Ah! c'est moi qui lui fais un crime avec mes fautes! Dieu le frappe pour moi. — Mon Didier! —
A L'Angely.
Savez-vous Que c'est lui pour qui rien ne m'eût semblé trop doux.-* Dieu ! les cachots ! la mort ! Peut-être la torture ! . . .
L'ANGELY
Peut-être. — Si l'on veut.
MARION
Mais je puis d'aventure Voir le roi.'' Le roi porte un cœur vraiment royal, Il fait grâce.''
L'ANGELY
Oui, le roi. Mais non le cardinal.
MARION, égarée.
Mais qu'en ferez-vous donc.''
L'ANGELY
L'affaire est capitale.
Il faut qu'il roule au bas de la pente fatale.
théÀtile. — 11. .4
IUI-BIUEniE NATIONALE,
50 AIARION DE LORME.
MARION
C'est horrible !
A L'Angelj.
Monsieur, vous me glacez d'effroi !
Et qui donc êtes-vous ?
L'ANGELY
Je suis bouffon du roi.
MARION
O mon Didier! je suis indigne, vile, infâme.
Mais ce que Dieu peut faire avec des mains de femme.
Je te le montrerai. Je te suis!
Elle sort du côté par où est sorti Didier. L'ANGELY, resté seul.
Dieu sait où !
Ramassant son épée laissée à terre par Didier,
Çà, qui dirait qu'ici c'est moi qui suis le fou.''
Il sort.