‹ ThéâtreChapitre 274 sur 314 · ACTE II. — LE COUPLE · texte numérisé non relu

ACTE II. — LE COUPLE

Savez-vous, madame, que c'eût été une cruauté que d'enlever ce capitaine à la vie, à l'amour, au soleil d'Italie, à la beauté de son âge de vingt ans, à son glorieux métier de guerre et d'aventure par où toutes les maisons royales ont commencé, aux fêtes, aux bals masqués, aux gais carnavals de Venise, où il se trompe tant de maris, et aux belles femmes que ce jeune homme peut aimer et qui doivent aimer ce jeune homme, n'est-ce pas, madame.'' — Versez donc à boire au capitaine. Bas.

— Si vous hésitez, je fais entrer Rustighello.

Elle verse à boire à Gennaro sans dire une parole.

GENNARO

Je VOUS remercie, monseigneur, de me laisser vivre pour ma pauvre mère.

DONA LUCREZIA, à part.

Oh! horreur!

DON ALPHONSE, buvant.

A votre santé, capitaine Gennaro, et vivez beaucoup d'années.

GENNARO

Monseigneur, Dieu vous le rende!

Il boit.

DONA LUCREZIA, à part.

Ciel!

DON ALPHONSE, à part.

C'est fait.

Haut.

Sur ce, je vous quitte, mon capitaine. Vous partirez pour Venise quand vous voudrez.

Bas à dona Lucrezia.

— Remerciez-moi, madame, je vous laisse tête à tête avec lui. Vous devez avoir des adieux .à lui faire. Vivez avec lui, si bon vous semble, son dernier quart d'heure.

Il sort, les gardes le suivent.

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