SCENE PREMIERE
MARION DE LORME, négligé très paré, assise près de la table et brodant une tapisserie; LE MARQUIS DE SAVERNY, tout jeune homme blond sans moustache, vêtu à la dernière mode de 1638.
SAVERNY, s'approchant de Marion et cherchant à l'embrasser.
Réconcilions-nous, ma petite Marie!
MARION, le repoussant.
Réconcilions-nous de moins près, je vous prie
SAVERNY, insistant.
Un seul baiser!
MARION, avec colère.
Monsieur le marquis!
SAVERNY
Quel courroux!
Votre bouche eut parfois des caprices plus doux.
MARION
Vous oubliez. . .
SAVERNY
Non pas! je me souviens, ma belle.
MARION, à part.
L'importun! le fâcheux!
SAVERNY
Parlez, mademoiselle.
Que devons-nous penser de la brusque façon Dont vous quittez Paris.'' et pour quelle raison, Tandis que l'on vous cherche à la place Royale, Vous retrouvé-je à Blois cachée ?. . . Ah ! déloyale ! Qu^est-on venue ici faire depuis deux mois.''
MARION
Je fais ce que je veux, et veux ce que je dois. Je suis libre, monsieur.
SAVERNY
Libre! et, dites, madame, Sont-ils libres aussi, ceux dont vous avez l'âme? Moi, Gondi, qui passa l'autre jour devant nous La moitié de sa messe, ayant un duel pour vous; Nesmond, le Pressigny, d'Arquien, les deux Caussades, Tous de votre départ si fâchés, si maussades. Que leurs femmes comme eux vous voudraient à Paris, Pour leur faire après tout de moins tristes maris!
MARION, souriant.
Et Beauvillain .''
SAVERNY
Toujours il vous aime.
Il vous adore.
Et PonsP
MARION
SAVERNY
MARION
Et Cércste ?
SAVERNY"
Celui-là vous déteste.
C'est le seul amoureux. — Et le vieux président .''.. .
Riant.
Son nom déjà?. . .