‹ ThéâtreChapitre 32 sur 314 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, LE MARQUIS DE NANGIS.

LAFFEMAS, allant au-Jevant du vieux marquis.

Ah ! monsieur le marquis ! nous avons bien perdu. C'était un neveu rare, et qui vous eût rendu La vieillesse bien douce. Avec vous je le pleure. Beau, jeune, on n'était point de nature meilleure! Servant Dieu, réservé près des femmes, toujours Juste en ses actions et sage en ses discours. Un seigneur parfait, brave, et que chacun célèbre! Mourir si tôt!

Le vieux marquis laisse tomber sa tcte dans ses mains.

SAVERNY, bas à Brichanteau.

Le diable ait l'oraison funèbre !

Il me loue, et le rend plus triste, sur ma foi! Toi, pour le consoler, dis-lui du mal de moi.

BRICHANTEAU, à Laffemas.

Vous VOUS trompez, monsieur. J'étais du même grade Que Saverny. C'était un mauvais camarade, Un fort méchant sujet, qui dans ces derniers temps Se gâtait tous les jours. Brave, on l'est à vingt ans; Mais, après tout, sa mort n'est pas digne d'estime.

LAFFEMAS

Un duel! Mais voyez donc! le grand mal! le grand crime!

A Brichanteau, d'un air goguenard, lui montrant son épée.

Vous êtes officier.'^

BRICHANTEAU, du même ton, lui montrant sa perruque.

Vous êtes magistrat.''

SAVERNY, bas.

Continue.

BRICHANTEAU

11 était quintcux, menteur, ingrat.

Peu regrettable au fond; il allait aux églises,

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