ACTE Iir. — LA COMÉDIE
Mais pour cligner de l'œil avec les Cidalises.
Ce n'était qu'un galant, qu'un fou, qu'un libertin.
SAVERNY, bas.
Bien ! bien !
BRICHANTEAU
Avec ses chefs indocile et mutin.
Quant à sa bonne mine, il l'avait fort perdue, Boitait, avait sur l'œil une loupe étendue, De blond devenait roux, et de courbé bossu.
SAVERNY, bas.
Assez.
BRICHANTEAU
Puis il jouait, on s'en est aperçu.
Il eût joué son âme aux dés, et je parie Qu'il avait au brelan mangé sa seigneurie. Tout son bien chaque nuit s'en allait au grand trot.
SAVERNY, le tirant par la manche. — Bas.
Assez, que diable, assez! tu le consoles trop!
LAFFEMAS, à Brichantcau.
Mal parler d'un ami défunt, c'est sans excuse!
BRICHANTEAU, montrant Savorny.
Demandez à monsieur.
SAVERNY
Ah! moi, je me récuse.
LAFFEMAS, affectueusement au vieux marquis.
Monseigneur, monseigneur, nous vous consolerons. On a son meurtrier j — eh bien! nous le pendrons! Il est sous bonne garde, et son affaire est sûre.
A Brichanteau et à Saverny.
Comprend-on le marquis de Saverny.'' Je jure Qu'il est des duels que nul ne peut répudier; Mais s'aller battre avec je ne sais quel Didier!
SAVERNY, à part.
Didier!
Le vieux marquis, qui est resté pendant toute la scène immobile et muet, s; lève et sort à pas lents du côté opposé à celui d'où il est venu. Ses gardes le suivent.
LAFFEMAS, essuyant une larme et le suivant des yeux.
En vérité, sa douleur me pénètre.
UN VALET, accourant.
Monseigneur!
BRICH.\NTEAU.
Laissez donc tranquille votre maître.
LE VALET
C'est pour l'enterrement du feu marquis Gaspard. Quelle heure fixe-t-on ?
BRICHANTEAU
Vous le saurez plus tard.
LE VALET
Puis, des comédiens, qui viennent de la ville, Pour cette nuit céans demandent un asile.
BRICHANTEAU
Pour des comédiens le jour est mal choisi; Mais l'hospitalité, c'est un devoir aussi.
Montrant une grange à gauche.
Donnez-leur cette grange.
LE VALET, tenant une lettre.
Une lettre qui presse...
Lisant.
Monsieur de Laffcmas. . .
LAFFEMAS
Donnez. C'est mon adresse.