ACTE III. — LA COMÉDIE
Il s'assied sur le banc à côté d'elle.
Un seul baiser, au front, pur comme nos amours !
Il la baise au front. — Tous deux, assis, se regardent avec ivresse. Regarde-moi, Marie, — encore, — ainsi, — toujours!,
LE GRACIEUX, entrant.
On appelle dona Chimène dans la grange.
Marion se lève précipitamment d'auprès de Didier. — En même temps que le Gracieux, entre Saverny, qui s'arrête au fond, et considère attentivement Marion, sans voir Didier, qui est resté assis sur le banc, et qu'une broussaille lui cache.
S.WERNY, au fond, sans être vu. — A part.
Pardieu ! c'est Marion! l'aventure est étrange!
Riant.
Chimène!
LE GRACIEUX, à Didier qui veut suivre Marion.
Restez là, vous, monsieur le jaloux.
Je veux vous taquiner.
DIDIER
Corps-Dieu !
MARION, bas à Didier.
Contenez vous.
Didier se rassied. Elle entre dans la grange. SAVERNY, au fond. — A part.
Qui donc lui fait courir le pays de la sorte.'' Serait-ce le galant qui m'a prêté main-forte Et sauvé l'autre soir.'' Son Didier! c'est cela.
Entre L.iffemas.
LAFFEMAS, en habits de voyage, saluant Saverny.
Monsieur, je prends congé de vous. . .
SAVERNY, saluant.
Ah ! vous voilà.
Monsieur! vous nous quittez...
Il rit.
LAFFEMAS
Qu'avez-vous donc à rire ?
SAVERNY, riant.
C'est une folle histoire, et l'on peut vous la dire. Parmi ces bateleurs qui ne font qu'arriver, Là, devinez un peu qui je viens de trouver!
LAFFEMAS
Parmi ces bateleurs.?
SAVERNY
Oui.
Riant plus fort.
Marion de Lorme !
LAFFEMAS, tressaillant.
DIDIER, qui depuis leur arrivée a le regard ti.xé sur eux.
Hein !
Il se lève à demi sur son banc,
SAVERNY, riant toujours.
Il faut que j'en informe Tout Paris. — Allez-vous, monsieur, de ce côté.''
LAFFEMAS
Oui, le fait y sera fidèlement porté.
Mais êtes-vous bien sûr d"avoir cru reconnaître.''...
SAVERNY
Vive France! on connaît sa Marion, peut-être!
Fouillant dans sa poche.
J'ai sur moi son portrait, doux gage de sa foi, Qu'elle fit peindre exprès par le peintre du roi.
Il donne à LafFemas un médaillon.
Comparez.
Montrant la porte de la grange.
On la voit par cette porte ouverte... — En espagnole, — avec une basquine verte...