ACTE I. — LE RENDEZ-VOUS
SAVERNY
Parlez donc de la sorte!
A la bonne heure! Où donc l'attendez-vous?
MARION
Ici. '
SAVERNY
Et quand.''
MARION
Dans un instant.
Elle va au balcon et écoute.
Peut-être le voici.
Revenant.
Non.
A Saverny.
Vous voilà content.
SAVERNY
Pas trop.
MARION
Partez, de grâce.
SAVERNY
Oui, mais nommez-le-moi, ce galant qui me chasse Et pour qui je me vois ainsi congédier.
Je ne connais de lui que le nom de Didier. Il ne connaît de moi que le nom de Marie.
SAVERNY, éclatant de rire.
Vrai ?
MARION
Vrai.
SAVERNY, riant.
Mais, pasquedieu, c'est de la bergerie Que ces amitiés-là! c'est du Racan tout pur. — Il va donc pour entrer escalader ce mur.''
MARION
Peut-être. — Maintenant partez vite.
A part.
11 m'assomme!
tMPBIHEntB IfATIODALB.
l8 MARION DE LORME.
SAVERNY, reprenant son sérieux.
Savez-vous seulement s'il est bon gentilhomme ?
MARION
Je n'en sais rien.
Comment!
A Marion, qui le pousse doucement vers la porte.
Je pars. . .
Il revient.
Encore un mot, J'oubliais : un auteur, qui n'est pas un grimaud.
Il tire un livre Je sa poche et le remet à Marion.
A fait pour vous ce livre. Il cause un bruit énorme.
MARION, lisant le titre.
La Guirlande d'amour, — a Marion de Lorme.
SAVERNY
On ne parle à Paris que Guirlande d'amour, Et c'est, avec le Cid, le grand succès du jour.
MARION, posant le livre.
C'est fort galant. Bonsoir.
SAVERNY
A quoi bon être illustre.'' Venir à Blois filer l'amour avec un rustre!
MARION, appelant dame Rose.
Prenez soin du marquis, Rose, et le dirigez.
SAVERNY, saluant.
Marion! Marion! hélas! vous dérogez!
Il sort.