‹ ThéâtreChapitre 55 sur 314 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE DUC DE BELLEGARDE, riche costume de cour avec toutes les broderies et toutes les dentelles, le cordon du Saint-Esprit au cou et la plaque au manteau; LE MARQUIS DE NANGIS, grand deuil, et toujours suivi de son peloton de gardes Ils traversent tous deux le fond de la salle.

LE DUC DE BELLEGARDE

Condamné ?

LE MARQUIS DE NANGIS

Condamné !

LE DUC DE BELLEGARDE

Bien. Mais le roi fait grâce.

C'est un droit de son trône, un devoir de sa race. Soyez tranquille. Il est, de cœur comme de nom. Fils d'Henri quatre.

LE MARQUIS DE NANGIS

Et moi j'en fus le compagnon.

LE DUC DE BELLEGARDE

Vive-Dieu! nous avons pour le père avec joie Usé plus d'un pourpoint de fer, et non de soie! Marquis, allez au fils, montrez vos cheveux gris. Et pour tout plaidoyer dites : Ventre-Saint-Gris!

— Que Richelieu lui donne une raison meilleure!

— Mais cachez-vous d'abord.

Il lui ouvre une porte latérale.

Il viendra tout à l'heure.

Puis, à vous parler franc, vos habits que voici Sont coupés d'une mode à faire rire ici.

LE MARQUIS DE NANGIS

Rire de mon deuil!

LE DUC DE BELLEGARDE

Ah! tous ces muguets! — Compère, Tenez-vous là. Le roi viendra bientôt, j'espère. Je le disposerai contre le cardinal.

Puis, quand je frapperai du pied, à ce signal Vous viendrez.

LE MARQUIS DE NANGIS, lui serrant I.i main.

Dieu vous paie !

LE DUC DE BELLEGARDE, à un mousquetaire qui se promène devant une petite porte tlorée.

Eh! monsieur de Navaille, Que fait le roi ?

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