‹ ThéâtreChapitre 88 sur 314 · SCÈNE VL Lts MÊMES, MARION, LE GEÔLIER · texte numérisé non relu

SCÈNE VL Lts MÊMES, MARION, LE GEÔLIER

LE GEOLIER, à Marion.

Surtout, soyez dehors avant l'heure indiquée.

Il s'éloigne. Pendant tout h reste de la scène, il continue de se promener de long en large au fond.

MARION

Elle s'avance en chancelant et comme absorbée dans une pensée de désespoir. De temps en temps, elle passe la main sur son visag;, comme si elle cherchait à effacer quelque chose.

. . .Sa lèvre est un fer rouge et m'a toute marquée !

Tout à coup, dans l'ombre, elle aperçoit Didier, pousse un cri, court, se précipite, et tombe haletante à ses genoux.

Didier! Didier! Didier!

DIDIER, comme éveillé en sursaut.

Elle ici! Dieu!

D'un ton froid,

C'est VOUS.-*

Qui veux-tu que ce soit.'' — Oh ! laisse! à tes genoux! Je me sens si bien là! — Tes mains, tes mains chéries, Donne-les-moi, tes mains! — Comme ils les ont meurtries! Des chaînes, n'est-ce pas.'' Des fers.^... — Les malheureux Je suis ici, vois-tu.'' c'est que... — C'est bien affreux!

Elle pleure. On l'entend sangloter.

DIDIER

Qu'avez-vous à pleurer.''

MARION

Non. Est-ce que je pleure.'' Non, je ris.

Elle rit.

Nous allons nous enfuir tout à l'heure. Je ris, je suis contente, il vivra! c'est passé!

Elle retombe sur les genoux de Didier et pleur.-. Oh! tout cela me tue, et j'ai le cœur brisé!

DIDIER

Madame...

MARION

Elle se lève sans l'entendre et court chercher le p.ii|i.ict, qu'elle apporte à Didier.

Profitons de l'instant où nous sommes.

Mets ce déguisement. J'ai gagné ces deux hommes. On peut sans être vu sortir de Beaugency. Nous prendrons une rue au bout de ce mur-ci. Richelieu va venir voir comme on exécute Ses ordres. Gardons-nous de perdre une minute. Le canon tirera pour sa venue. Ainsi Tout alors est perdu si nous sommes ici !

DIDIER

C'est bien.

MARION

Vite! — Ah! mon Dieu! c'est bien lui! c'est lui-même! Sauvé! Parle-moi donc. Mon Didier, je vous aime!

DIDIER

Vous dites une rue au détour de ce mur.^

MARION

Oui, j'en viens, j'ai tout vu. C'est un chemin très sûr.

J'ai regardé fermer la dernière fenêtre.

Nous y rencontrerons quelques femmes peut-être.

D'ailleurs, on vous prendra pour un passant. Voilà.

Quand nous serons bien loin , — mettez ces habits-là ! —

Nous rirons de vous voir déguisé de la sorte.

Vite!

DIDIER, repoussant les habits du pied.

Rien ne presse.

MARION

Ah! la mort est à la porte!

Fuyons! Didier! — C'est moi qui viens ici.

Pourquoi .''

MARION

Pour vous sauver! Grand Dieu! quelle demande, à moi! Pourquoi ce ton glacé ?

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