Acte V, scène vi
Pour les raisons déjà exprimées dans la note précédente, à la représentation, au
lieu de :
Faire au premier venu Pour y dormir une heure offre de mon sein nu. On dit :
\fendre au premier venu Un amour 'a son gré, naît, tendre, ingénu.
Il n'y a rien qui soit plus grossier, à notre sens, que ces prétendues délicatesses du public blasé, lesquelles craignent moins la chose que le mot, et excluraient du théâtre tout Molière.
NOTES. 147
REPRISE DE AIAKION DE LOKME
Le progrès, souhaité et prévu par l'auteur, s'est accompli, et le drame de Mariait de Lorme est représenté en 1873 sans altération ni atténuation, et tel qu'il a été écrit en iSîy. L'heure du vrai public est venue. •
NOTES DE CETTE EDITION
LE MANUSCRIT
DE
MAKION DE LOKME.
Le manuscrit de Marion de horme est fort intéressant à étudier. On y peut suivre tous les tâtonnements, toutes les hésitations, toutes les évolutions de la pensée. Tout d'abord le poète s'abandonne à sa verve, au premier jet de l'inspiration. Puis il revient sur ses pas; il s'est aperçu que l'action était trop précipitée, que certains effets étaient escomptés j il reprend alors des fragments de scène et des scènes tout entières , il les modifie ou les refait complètement, et on assiste alors à ce travail très curieux de l'homme qui possède déjà la science du théâtre et la compréhension des foules; aussi le manuscrit est-il surcharge de ratures et si encombré d'ajoutés que parfois des petits bouts de papier ont dû être collés au bas d'un feuillet ou en regard de la marge, surchargée elle-même. Grâce à ces nouvelles versions, à tous ces développements , à ces transformations , le drame comporte presque la matière de deux drames.
Victor Hugo n'a pas songé une minute à mettre au net ou à recopier son manuscrit, il l'a livré , tel qu'il est sorti de sa plume , aux compositeurs dont les noms figurent en marge; il leur a fallu une attention routcnue pour se reconnaître dans ce lacis de scènes enchevêtrées et de variantes chevauchant les unes sur les autres. En lisant ce manuscrit, on ne saurait trop admirer la fécondité d'imagination, la fertilité des ressources, l'habileté scénique et la prodigieuse richesse de la langue.
L'écriture est fine, droite et menue. Le manuscrit comprend, indépendamment des plans, des notes et des variantes, groupés à la fin , soixante-treize feuillets de format égal (35 centimètres de hauteur sur 23 de largeur), mais de couleur différente, la plus grande partie sur papier de Hollande non ébarbé, quelques feuillets bleu pâle. Le texte, qui n'occupe que la moitié de la page, est écrit au recto et au verso.
Au dos du dernier feuillet de la préface, cette note pour l'imprimeur :
Voici la préface. Il faudrait l'imprimer en caractères plus gros que la pièce. Je prie M. Everat de m'en faire envoyer deux épreuves.
J'ai encore une petite note à envoyer pour mettre à la fin. y,, ij
Ce 23 au m.itin.
Je recommande les corrections.
Après la préface de 1831 on a relié celle de 1873 que X'ictor Hugo, par inadvertance , a datée :
Hauteville-IIouse, i"' tcvricr iS^i.
LE MANUSCRIT DE MAKION DE LORAIE. 149
Dans ce feuillet, de papier bleu et de format carré, la phrase commençant par : D'iiilleurs tous les départs veulent quelques apprêts j est encerclée d'un trait noir et précédée de ces mots en marge : à réserver.
La nomenclature des personnages se trouve mentionnée suivant l'usage du temps. Nous en donnons les principales particularités :
Louis Xin, roi de France.
L'Angely, fou du roi.
Le marquis de Nangis, oncle de Saverny.
Dame Rose, jeune tille, femme de chambre de Marion.
Chaque acte est pagine séparément : A' pour le premier acte. A" pour le second, etc.
Nous n'avons pas, à proprement parler, de reliquat pour ce volume. Nous nous sommes donc bornés à reproduire, dans l'étude des manuscrits, les scènes et fragments de scène inédits.