‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 101 sur 446 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ADBLA.1DB.

Par de justes respects je tous ai répondu. Seigneur, si votre cœury moins préyenu, moins tendre ^ Moins plein de confiance , avait daigné m'entendre » Vous auriez honoré de plus dignes beautés Par des soins plus heureux et bien mieux mérités. Votre amour tous trompa : votre &tale flamme Vous promit aisément l'empire de mon âme ; J'étais entre vos mains, et, sans me consulter, Vous ne soup^nniez pas qu'on put vous résister. Mais puisqu'il faut enfin dévoiler ce mystère , Puisque je dois répondre, et qu'il faut vous déplaire. Réduite à m'expliquer , je vous dirai , seigneur , Que l'amour de mes rois est gravé dans mon cceur.

ADBLAÏDB. ^

Me la conserviez-vous pour la tyranniser ?

VBITDÀMB.

Qnoi ! vous osez.... Mais non.... j'ai tort.... je le confesse.

De mes emportemens ne voyez point l'ivresse ;

Pardonnez un reproche où j'ai pu m'abaisser.

L'amour qui vous parlait doitpil vous offenser ?

Excuse mes fureurs, toi seule en es la cause.

Ce que j'ai fait pour toi sans doute est peu de chose :

Non , tu ne lAe dois rien ; dans tes fers arrêté ,

J'attends tout de toi seule , et n'ai rien mérité.

Te servir , t'adorer est ma grandeur suprême ,

C'est moi qui te dois t6nt, puisque c'est moi qui t'aime. .

Tyran que j'idoUtre , à qui je suis soumis ,

Ennemi plus cruel que tous mes ennemis ,

An nom de tes attraits , de tes yeux d<mt la flamme

Sait calmer, sait troubler, pousse et retient mon âme ,

Ne réduis point Vendôme au dernier désespoir;

Crains d'étendre trop loin l'excès de ton pouvoir.

Tu tiens entre tes mains le destii^ de ma vie ,

Mes scAtimens, ma gloire et mon ignomime;

D'ADELAÏDE DU GUESCLIN. i%&

Toote» Us pasiknis «ont en moi des lorenn. Et tn yoîs ma yengeance à tiayers mes donlears. Dans mes sonmissionsy crains-moi , cnina ma ccJère ; J'ai chéri la yerta , mais c'était poor le plaire > Laisse-la dans mon coeur ; «'est assez qa'à jamais Ta beanté dangereuse en ait chassé la paix.

▲DXLAini.

Je plains TOtre tendresie , et je plains daranfeige Les excès où s'emporte un si noble courage. YoUe amour est barbare , il est rempli d'horreurs ; Il ressemble à la haine , il s'exhale en fureurs : Seigneur y il nous rendrait mslheureux l'un et l'antre. Abandonnez un coeur si peu fait pour le TÔtre » Qui gémit de tous plaire et de tous affliger.

TXITDÔMB.

Eh bien ! c'en est donc fait ?

A.OELAÏDX.

Oui , je ne peux changer.

Calmez cette colère oè TOtre Ame est ouverte , Respectez-Tous assea pour dédaigner ma perte. Pour TOUS y pour -rotre honneur enoor plus que pour moi; Renvoyez-moi plutôt à la cour de mon roi; Loin de ses ennemis jKiuflrez qu'il me revoie

TBXDÔVB.

Me punisse le dcl si je tous y renvoie 1

Apprenez que ce roi , l'objet de mon oouitoux 9

Je le hais d'autant plus qu'il est seryi par vous.

Un rival ins<dent à sa cour vous rappelle ! ^ . )

Quel qu'il soit, firémissez y tremblez pour lui , crttelleu../

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