‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 122 sur 446 · AMÉLIE, LISOIS · texte numérisé non relu

AMÉLIE, LISOIS

LI&OIS

* OOUFFRBZ qu'en arrivant dans ce séjour d*alarmes ,

* Je dérobe un moment au tumulte des armes : Le grand coeair d'Amélie est du parti des rois ; Contre eux , tous le savez , je sers le duc de Foii ,* Ou plutôt je combats ce redoutable maire ,

Ce Pépin qui, du trône heureux dépositaire , En subjuguant l'état, en soutient la splendeur, Et de Thierri son maître ose être protecteur* Le duc de Foix ici tous tient sous sa puissance : J ai de g^ passion prévu la violence ; Et sur lui , sur moi«mème , et sur votre intérêt ,

i52 LE DUC DE FOIX,

Je viens ouvrir mon cœur, et dicter mon arrêt.

* Écoutez-moi , madame , et vous pourrez connaître

* L*âme d'un vrai soldat , digne de vous, peut-être.

AMÉLIE

^ Je sais quel est Lisois ; sa noble intégrité

* Sur ses lèvres, toujours plaça la vérité.

* Quoi que vous m'annonciez , }fi vous ccoirai sans peine.

lilSOIS.

* Sachez- que si dans Foix mon zèle me ramène^ Si de ce prince altier j'ai suivi les drapeaux,

Si je cours pour lui seul à des périls nouveaux,

* Je n'approuvai jamais la fatale alliance

* Qui le soumet au Maure et l'enlève à la France ;

* Mais, dans ces temps afifreux de discorde et d'horreur,

* Je n'ai d'autre parti que celui de mon cœiur.

* Non que pour ce héros mon àme prévenue

^ Prétende à ses défauts fermer toujours ma vue;

* Je ne m'aveugle pas; je vois avec douleur

* De ses emportemens l'indiscrète chaleur :

* Je vois que de ses sens l'impétueuse ivresse

* L'abandonne aux excès d'une ardente jeunesse;

* Et ce torrent fougueux, que j'arrête avec soin,

* Trop souvent me l'arrache , et l'emporte trop loin«

* Mais il a des vertus qui rachètent ses vices.

* Eh ! qui saurait , madame , où placer ses services,

* S'il ne nous fallait suivre et ne chérir jaraab

* Que des cœurs sans faiblesse, et des princes parfaiitsP

* Tout le mien est à lui; mais enfin cette épée

* Dans le sang des Français à regret s'est treikipée; Je voudrais à l'état rendre le duc deFoiiC

AMELIE. -^

Seigneur, qui le peut mieux que le sage Lisois? Si ce prince égaré chérit encor sa gloire,

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