‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 142 sur 446 · SOIS · texte numérisé non relu

SOIS

Aimez-moi , prince, au lien de me louer ;

* Et si vous me devez quelque reconnaissance,

* Faites votre bonheur, il est ma récompense.

* Vous voyez quelle ardente et fière inimitié

* Votre frère nourrit contre votre allié :

La suite, croyez-moi, peut en être funeste; Vous êtes sous un joug que ce peuple déleste. Je prévois que bientôt on verra réunis ^ Les débris dispersés de l'empire des lis. Chaque jour nous produit un nouvel adversaire; Hier le Béarnais , aujourd'hui votre frère.

* Le pur sang de Clovis est toujours adoré;

^ Tôt ou tard il faudra que de ce tronc sacré

17» lE DUC DE FOIX,

* Les rameaux divûés et courbes par Torage,

* Plus unis etplus beaux , soient notre unique ombrage. Vous y placé près du trône, à ce trône attaché,

Si les malheurs des temps vous en ont arraché ,

A des nœuds étrangers s'il âillut tous résoudre,

L'intérêt qui les forme a droit de les dissoudre.

On pourrait balancer ayec dextérité

Des maires du palais la fière autorité;

Et bientôt par tos mains leur puissance afibiblle....

LB DUC

Je le souhaite au moins ; mais crois-tu qu'Amélie

* Dans son cœur amolli partagerait mes feux,

* Si le même parti nous unissait tous deux ?

* Penses-tu qu'à m'aimer je pourrais la réduire?

LISOIS

^ Dans le fond de son cœur je n'ai point voulu lire;

* Mais qu'importent pour vous ses vœux et ses desseins ?

* Faut-il que l'amour seul £isse ici nos destins ? Lorsque le grand Glovis , aux champs de la Touraine, Détruisit les vainqueurs de la grandeur romaine, Quand son bras arrêta, dans nos champs inondés, Des Ariens saoglans les torrens débordés,

^ Tant d'honneurs étaient-ils l'effet de sa tendresse ?

* Sauva- t-il son pays pour plûre à sa maîtresse? Mon bras contre un rival est prêt à vous servir ;

* Je voudrais &ire plus, je voudrais vous guérir.

* On connaît peu l'amour, on craint trop son amorce;

* C'est sur nos passions qu'il a fondé sa force;

* C'est nous qui, sous son nom , troublons notre repos;

* Il est tjran du faible, esclave du héros.

* Puisque je l'ai vaincu, puisque je le dédaigne, Sur le sang de nos rois souSritez-vous qu'il règne?

* Vos autres ennemis par vous sont abattus ;

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