ACTE V, SCENE V. ait
' Le prix qnc je t'en dois , c «t de m'en rendre digne.
* Le fardeau delKon CTÎme est trop pesant pour moi •
* Mes yeux couverts d'un voile, et baissés devant toi
* Craignent de rencontrer , et les regards d'un frère
* Et la beauté £aitale à tous les ^eux trop chère.
VAXIR.
* Tous deux auprès du roi nous voulions te servir.
* Quel est donc ton dessein ? parle.
LB DUC
De me punir;
* De nous rendre à tous trois une égale justice;
* D'expier devant vous, par le plus grand supplice,
* Le plus grand des forfaits, où la fatalité,
* L'amour et le courroux m'avaient précipité.
* J'adorais Ai|^|||, et ma flamme cruelle
* Dans mon, c^j^d^solé s'irrite encor pour elle.
* Lisois sait à qnel point j'adorais ses appas,
* Quand ma jalouse rage ordonnait ton trépas.
* Dévoré malgré moi du feu qui me possède,
* Je l'adore encor plus.... et mon amour la cède.
"*, Je m'arrache le cœur en vous rendant heureux :
"* Âimez«vous; mais au moins pardonnez-moi tous deux.
VAMia.
Ah ! ton frère à tes pieds, digne de ta clémence, Egale tes bienfaits par sa reconnaissance.
AXBLIB.
^ Oui, seigneur, avec lui j'embrasse vos genoux,
* La plus tendre amitié va me rejoindre à voutf?
* Vous me payez trop bien de mes douleurs souffertes.
LE DUC
* Ah! c'est trop me montrer mes malheurs et mes pertes.
* Mais vous m'apprenez tous à suivre la vertu.
* Ce n*est point à demi que mon cœur est rendu : ( « Vanir. ) •
Je suis en tout ton frère; et mon âme attendrie
* Imite votre exemple , et chérit sa patrie.
* Allons apprendre au roi', pour qui tous combattez,
* Mon crime, mes remords, et vos félicités. Oui, je Teux égaler votre foi, votre zèle, Au sang, à la patrie, à Vamitié fidèle;
Et vous faire oublier, après tant de tourmens, A force de vertus , tous mes égaremens.
VIN ou DUC DS FOI]
LA
TRAGÉDIE
Publiée en 1735, et représenta, pour la première fois au Théâtre français , le 29 auguste 1743.
AVERTISSEMENT