DES ÉDITEURS
DB L'ÉDITIÔir Eir 4î VOLrMEi*lir-8*.
JVous avon9 lieu de croire que cette pièce suivit immédiatement la tragédie de BnUus , dans Tordre des pièces composées, et que l'auteur en conçut le projet en Angleterre, où il avait pris du gôùt pour les beautés fortes et les idées républicaines. Pendant près de quarante ans elle parut très peu au théâtre. Ce ne fut qu'après Mérope ^ la première tragédie sans amour qui eikt4*éussi depuis Aihalie^ que M. de Voltaire crut pouvoir risquer là Mort de Césars mais cette tentative nie Ait pas heureuse : abandonnée après quelques représentations, cette pièce fut livrée aux froides plaisauteries de l'abbé Desfontaines et des autres ennemis de l'auteur. Le célèbre Le Kain eut le crédit de la faire remettre au théâtre en 1763 , mais il faUut encore la retirer : on ne pouvait s'habituer à croire qu'une pièce sans amour et sans rôle de femme pût s'étaj>lir sur la scène française, et ce ne fut que vingt ans plus tard qu'elle obtint cet honneur.
En 1747» c'est-à-dire dans le temps où cette tragédie était généralement regardée comme une pièce de collège, les pensionnaires du couvent de Beaune la représentèrent pour la fête dé la prieurq. Elles s'étaient adressées à l'auteur pour lui demander un prologue. « Comment I s'écria M. de Voltaire en déchirant leur
%i6 AVERTISSEMENT,
a lettre, c'est bien à des filles de représenter une conce juration de fiers répoblicains ! » Ce moment d'humeur passé y et reprenant sa tranquillité : « Ce sont ce pourtant, dit-il , de bonnes filles I Elles ne sont pas ce trop raisonnibles <ie vouloir un prologue pour cette oc tragédie ; mais je le suis encore moins de me jucher « ^our un prologue. » Il le fit sur-le-champ, et le leur envoya. Ce morceau ne se trouve dans aucune des éditions qui ont précédé celle-ci ; il a été publié , pour la première fois, le j3 jum i8o3; dans le Publiciste, et ' nous avons pensé qu'on nous sauzait peut-être quelque gré de l'avoir recueilli. Le voici :
OsoDft-iMNU retMoer de féroces Tertuf
..Derant des TertHs.û paisiMes ?
Osons-nous présenter des spectacles terribles A ces regards si doux à nous plaire assidus ? **
César y ce roi de Rome, et si digne de Tétre, Tout héros (ju*il était , fut un injuste maître , Et TOUS régnez sur nous par le plus saint des droits^ On détestait son joug , nous adorons tos lois. Pour yoila et pour ces lieux quelle scène étrangère , Que ces troubles , ces cris , ce sénat sanguinaire p Ce yaingueur de Pharsale au temple assassiné , Ces meurtriers sanglans , oe peuple forcené ! Toutefois des Romains on aime eacor l'histoire ; Leur grandeur, leurs forfaits virent dans la mémoire; La jemfesse s'instruit dans ces faits éclatans. Dieu lui-même a conduit ces grands éréneraens : Adorcms de sa main ces coups -éponvuitables , Et jooîaaons ai paix d« ces jours faTOvahles Qu'il îait luire aujourd'hui sur des peuples soumis. Éclairés par sa grâce , et sauyés par son Fils.