ACTE II, SCENE IV
VeDge Caton , Pompée , et le peuple romain. C'est hasarder beaucoup. Ses ardens satellites Partout du Capitole occupent les limites ; Ce peuple mou , volage et facile à fléchir, Ne sait s'il doit encor Taimer ou le haïr. Notre mort j mes ajpis, parait inévitable;' Mais qu'une telle mort est noble et désirable! Qu'il est beau de périr dans des desseins si grands ! De voir couler son sang dans le sang des tyrans ! Qu'avec plaisir alors on voit sa dernière heure ! Mourons , braves amis , pourvu que César meure , Et que la liberté, qu'oppriment ses forfaits, Benaisse.de sa cendre, et revive à jamais.
CÀSSIUS.
Ne balançons donb plus, courons au Capitole : C'est là qu'il nous opprime, et qu'il faut qu'on l'immole. Ne craignons rien du peuple, il semble encor douter; Mais si l'idole tombe, i^| la détester.
BAUTÙS.
Jurez donc avez moi , jurez sur cette épée. Par le sang de Caton , par celui de Pompée, Par les mânes sacrés de tous ces vrais Romains Qui dans les champs d'Afrique ont fini leurs destins; Jurez par tous les dieux , vengeurs de la patrie , Que César sous vos coups va tern^îner sa vie.
CASSIUS
Fesons plus, mes amis , jurons d'exterminer Quiconque ainsi que lui prétendra gouverner : Fussent nos propres fils, nos frères ou nos pères; S'ils sont tyrans , Brutus , ils sont nos adversaires. Un vrai républicain n'a pour père et pour fils. Que la vertu, les dieux, les lois et son pays.
aSo LA MORT DE CÉSJLRf
BRUTOS.
Oui, j*unis pour jamais mon sang aTec le TÔtre. Tous dès ce moment même adoptés Tun par laulre. Le salut de l'état nous a rendus parens. Scellons notre union du sang de nos tyrans.
( Il l'aTance vers k staiiw de Pompée. )
Nous le jurons par vous , héros , dont les images A ce pressant devoir excitent nos courajges ; Nous promettons , Pompée , à tes sacrés genoux, De faire tout pour Rome, et jamais rien pour nous; D'être unis pour 1 état, qui dans nous se rassemble, De vivre, de combattre, et de mourir ensemble. Allons , préparons«nous : c'est trop nous arrêter. ^