‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 199 sur 446 · ACTE II, SCENE IT · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IT

Non , n*iinttoas personne , et servons tous d'exemple: C'est lions, braves amis, que Tunivers contemple; C'est à nous àe répondre à l'admiration Que Rome en expirant conserve à notre nom. Si Caton m'avait cru, plus juste en sa fîirie, Sur César empirant il eût perdu la vie : Mais il tourna sur soi ses innocentes mains ; Sa mort fut inutile au bonheur des humains. Fesant tout pour la gloire, il ne fit rien pour Rome; Et c'est laffseule faute où tomba ce grand homme.

CASSitrs»

Que veux- tu donc qu'on fasse en un tel déseqpoir?

sa UT us, montrant le billet.

Voilà ce qu'on m'écrit, voilà notre devoir*

CASSIÎTS.

On m'en écrit autant, j'aj reçu ce reproche.

BRCTUS.

C'est trop le mériter.

ÇIMBBR.

L'heure fatale approche.

Sans une heure un tyran détruit le nom romain.

B^UTUS.

Dans une heure à César il faut percer le sein.

GASSIt7S.

Ah ! je te reconnais à cette noble audace.

DBGIMB.

Ennemi des tyrans , et digne de ta race, Voilà les sentimens que j'avais dans mon cœur.

CAS4I1JS.

Tu me rends à moi-même, et je t'en dois l'honifeur; C'est là ce qu'attendaient ma haine et ma colère De la mâle vertu qui £iit ton caractère.

a/)8 LA MORT DE CÉSAR,

C'est Rome qui t'inspire en des desseins si grands:

Ton nom seul est Tarrét de la mort des tyrans;

Lavons, mon cher Brutus, l'opprobre de la terre;

iVengeons ce Capitole, au défaut du tonnerre.

Toi, Cimber; toi, Cinna; vous, Romains indomptés^

Avez-vous tme autre âme et d autres volontés?

CIMBER

Nous pensons comme toi, nous méprisons la vie : Nous détestons César, nous aimons la patrie; Nous la vengerons tous : Brutus et Gassius De quiconque est Romain raniment les vertus. '

DÉGIMB.

Nés juges de l'état, nés les vengeurs du crime , C*est souffrir trop longr temps la main qui nous opprime ; Et quand sur un tyran nous suspendons nos coups , Chaque instant qu'il respire est un crime pour nous.

CIMBBR.

Admettons-nous quelque autre à ces honneurs suprêmes?

BRUTUS

Pour venger la patrie il suffit de nous-mêmes.

Dolabella , Lépide , Emile , Bibulus,

Ou tremblent sous César, ou bien lui sont vendus.

Cicéron, qui d'un traître a puni l'insolence, (7)

Ne sert la liberté que par son éloquence :

Hardi dans le sénat , faible dans le danger,

Fait pour haranguer Rome, et non pour la venger,

Laissons à l'orateur qui charme sa patrie.

Le soin de nous louer, quand nous l'aurons servie. -

Non, ce n est qu'avec vous que je veux partager

Cet immortel honneur et ce pressant danger.

Dans une heure au sénat le tyran doit se rendre :

Là , je le punirai ; là, je le veux surprendre;

Là, je veux que ce fer, enfoncé dans son sein,

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