ACTE II, SCENE IT
Non , n*iinttoas personne , et servons tous d'exemple: C'est lions, braves amis, que Tunivers contemple; C'est à nous àe répondre à l'admiration Que Rome en expirant conserve à notre nom. Si Caton m'avait cru, plus juste en sa fîirie, Sur César empirant il eût perdu la vie : Mais il tourna sur soi ses innocentes mains ; Sa mort fut inutile au bonheur des humains. Fesant tout pour la gloire, il ne fit rien pour Rome; Et c'est laffseule faute où tomba ce grand homme.
CASSitrs»
Que veux- tu donc qu'on fasse en un tel déseqpoir?
sa UT us, montrant le billet.
Voilà ce qu'on m'écrit, voilà notre devoir*
CASSIÎTS.
On m'en écrit autant, j'aj reçu ce reproche.
BRCTUS.
C'est trop le mériter.
ÇIMBBR.
L'heure fatale approche.
Sans une heure un tyran détruit le nom romain.
B^UTUS.
Dans une heure à César il faut percer le sein.
GASSIt7S.
Ah ! je te reconnais à cette noble audace.
DBGIMB.
Ennemi des tyrans , et digne de ta race, Voilà les sentimens que j'avais dans mon cœur.
CAS4I1JS.
Tu me rends à moi-même, et je t'en dois l'honifeur; C'est là ce qu'attendaient ma haine et ma colère De la mâle vertu qui £iit ton caractère.
a/)8 LA MORT DE CÉSAR,
C'est Rome qui t'inspire en des desseins si grands:
Ton nom seul est Tarrét de la mort des tyrans;
Lavons, mon cher Brutus, l'opprobre de la terre;
iVengeons ce Capitole, au défaut du tonnerre.
Toi, Cimber; toi, Cinna; vous, Romains indomptés^
Avez-vous tme autre âme et d autres volontés?
CIMBER
Nous pensons comme toi, nous méprisons la vie : Nous détestons César, nous aimons la patrie; Nous la vengerons tous : Brutus et Gassius De quiconque est Romain raniment les vertus. '
DÉGIMB.
Nés juges de l'état, nés les vengeurs du crime , C*est souffrir trop longr temps la main qui nous opprime ; Et quand sur un tyran nous suspendons nos coups , Chaque instant qu'il respire est un crime pour nous.
CIMBBR.
Admettons-nous quelque autre à ces honneurs suprêmes?
BRUTUS
Pour venger la patrie il suffit de nous-mêmes.
Dolabella , Lépide , Emile , Bibulus,
Ou tremblent sous César, ou bien lui sont vendus.
Cicéron, qui d'un traître a puni l'insolence, (7)
Ne sert la liberté que par son éloquence :
Hardi dans le sénat , faible dans le danger,
Fait pour haranguer Rome, et non pour la venger,
Laissons à l'orateur qui charme sa patrie.
Le soin de nous louer, quand nous l'aurons servie. -
Non, ce n est qu'avec vous que je veux partager
Cet immortel honneur et ce pressant danger.
Dans une heure au sénat le tyran doit se rendre :
Là , je le punirai ; là, je le veux surprendre;
Là, je veux que ce fer, enfoncé dans son sein,