ACTE II, SCENE Y. aSi
Dont i*ai plus soupçonné les perfides desseins; Avec ceux qui tantôt ont osé me déplaire^ Ont blâmé ma conduite, ont brayé ma colère.
BHUTUS.
Ils parlaient en Romains, César; et leurs avis, Si les dieux t'inspiraient, seraient encor suivis.
CliSAH. • *
Je sou£Gre ton audace , et consens à t'entendre : De mon rang avec toi je me plais à descendre. Que me reproches-tu ?
BaUTUS.
Le monde ravagé ^ Le sang des nations, ton pays saccagé; Ton pouvoir, tes vertus, qui font tes injustices, Qui de tes attentats sont en toi les complices; Ta funeste bonté, qui bit aimer tes fers. Et qui n'est qu'un app&t pour tromper l'univers.
cisAB.
Ah ! c'est ce qu'il fallait reprocher à Pompée. Par sa feinte vertu la tienne fut trompée. Ce citoyen superbe , à Rome plus fatal. N'a pas même voulu César pour son égaL Crois-tu, s'il m'eût vaincu, que cette âme hautaine Eût laissé respirer la liberté romaine?
Sous im joug despotique il t'aurait acc|)>lé. Qu'eût fait Brutus alors P
BBUTUS.
Brutus l'eût immolé.
CXSAB.
Voilà donc ce qu'enfin ton grand oœnr me destine! Tu ne t'en défends point. Tu vis pour ma mine, Brutus !
ftSa LA MORT DE CESAR,
BaUTÙS.
Si tu le crois, préyiens donc ma fureur. Qui peut te retenir ? •
CéSAR j loi préMntaat U lettre àe Seirilie.
La nature et mon cœur. Lis, ingrat, lis, connais le sang que tu m*opposes; y ois qui tu peux haïr, et poursuis si tu Toses.
BaUTUS.
Oii suis-je ? qu*ai-je lu ? me trompe^vous , mes yeux ?
CESAR
Eh bien ! Brutus , mon fils !
BRUTITS.
Lui , mon père ! grands dieux. !
CESAR
Oui, je le suis, ingrat! Quel silence farouche! Que dis-je ? quels sanglots échappent de ta bouche ? Mon fib.... Quoi ! je te tiens muet entre mes))ras! La nature t étonne, et ne t'attendrit pas!
BRUTUS
O sort épouvantable, et qui me désespère! O serment ! ô patrie ! 6 Rome toujours chère ! César !... Ah, malheureux! j ai trop long-temps vécu*
CESAR
Parle. Quoi ! d'un remords ton cœur^st combattu l Ne me déguise rie» Tu gardes le silence P Tu crains d'être mon fils, ce nom sacré t'offense? Tu crains de me chérir, de partager mon rang; C'est un malheur pour toi d'être né de mon sang? Ah! ce sceptre du monde, et ce pouvoir suprême, Ce César, que tu hais, les voulait pour toi*même. Je voulais partager, avec Octave et toi. Le prix de cent combats, et le titre de roi.