‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 213 sur 446 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

CASSIUS, m poignard à U main; DOLABELLA, ROMAINS. CASSIUS.

C*BN est fait, il n'est plus.

DOLABBLLA.

Peuples, secondez-moi; frappons, perçons ce traître.

GASSinS.

Peuples , imitez-moi , vous n'avez plus de maître. Nation de héros, vainqueurs de Tunivers, Vive la liberté ! ma main brise vos fers.

DOLABELLA

Vous trahissez, Romains, le sang de ce grand homme .^

CASSIUS

J'ai tué mon ami, pour le salut de Rome : (n) Il vous asservit tous, son sang est répandu.

268 LA MORT D£ CESAtl,

Est-il quelqu'un de vous de si peu de vertu , D'un esprit si rampant, d*un si faàhle courage^ Qu il puisse regretter César et Tesclavage ? Quel est ce vil Romain qui veut avoir un roi ? S'il en est un , qu il parle, et qu'il se plaigne à moL Mais vous m'applaudissez , vous aimez tous la gloire»

ROMJLINS.

César fut un tyran , périsse sa mémoire !

CASSIUS

Maîtres du monde entier, de Rome heureux enfans ,

Conservez à jamais ces nobles sentimens.

Je sais que devant vous Antoine va paraître i

Amis, souvenez* vous que César fut son maître^

Qu'il a servi sous lui, dès ses plus jeunes ans.

Dans l'école du crime et dans l'art des tyrans.

Il vient justifier son maître et son empire ;

Il vous méprise assez pour penser vous séduire.

Sans doute il peut ici faire entendre sa voix :

Telle est la loi de Rome, et j'obéis aux lois.

Le peuple est désormais leur organe suprême ,

Le juge de César, d'Antoine, de moi-même.

Vous rentrez dans vos droits indignement perdus ;

César vous les ravit , je vous les ai rendus :

Je les veux affermir. Je rentre au Capitole ;

Brutus est au sénat, il m'attend , et j'y vole.

Je vais avec Brutus, en ces murs désolés, .

Rappeler la justice, et nos dieux exilés.

Étouffer des méchans les fureurs intestines,

Et de la liberté réparer les ruines.

Vous, Romains, seulement consentez d'être heureux^

Ne vous trahissez pas, c'est tout ce que je veux;

Redoutez tout d'Antoine, et surtout l'artifice.

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