ACTE I, SCSNË I
Mon fils , remettes-moi oes esdayes obseun , Aujcmrd'lniî par TOtre ordre arrêtés dans nos murs : Songez qne œ grand jomt doh être un jour pro{>ice , Marque par là démenée^ et non par la justice.
cvsxAir.
Quand toiss priez un fib , seigneur, ^rous oonmandez; Mais daignez voir au moins ce que vous hasarder. D'une Tille naissante, enoor mal assurée , Au peuple américain nous défendons rentrée : Empêchons , croyez->moi , que ce peuple orgueilleux Au fer qui l'a dompté n*accoutunie ses yeux; Qne , méprisant nos lois , et proAipt à les enfreindre , 11 ose contempler des maîtres quHl doit craindre. Il faut toujours qu'il tremble, et n'apprenne à nous toir Qu'armés de la vengeance, ainsi que du pouvoir. L'Américain farouche est un monstre sauvage, Qui mord en frémissant le frein de l'esclavage; Soumis au c&âtiment, fier dans l'impunité. De la main qui le flatte il se croit redouté. Tout pouvoir , en un mot, périt par l'indulgence , £t la sévérité produit l'obéissance.
Je sais qu'aux Castillans il suffit de l'honneur, Qu'à servir sans murmure ils mettent leur grandew: Mais le reste du monde , esclave de la crainte , A besoin qu'on l'opprime, et sert avec contrainte* Les dieux même adorés dans ces climats affimiz , S'Us ne sont teints de sang, n'obtiennent p<mit de voeux. ^
Ali VA a BZ.
Ah ! ïùon fib , que je hais ces rigueurs tjranniques t Les pouvez-vous aimer ces fbriaîts politiques ,
> On immblttt ipielqnefois des homaet en Amérique , mab il n'j a pmqae âocim peuple qm n^ait éVé coupable de cette horrible super- &titidB.
336 ALZIRË,
Vous , chrétien ^ votts choisi pour ré^er désormais
Sur des cbrétieiis nouveaux au nom d'un Dieu de paix?
Vos yeux ne sont41s pas assouvis des ravages
Qui de ce continent dépeuplent les rivages P
Des bords de TOrient n'étais^je donc venu
Dans un monde idolfttre , à TEurope inconnu ,
Que pour voir abhoirer sous ce bhUant tropique ,
Et le nom de TEiirc^e , et le nom catM&pie?
Ah ! Dieu nous envoyait, quand de nous il fit choix ,
Pour annoncer son nom , pour filtre aimer ses lois :
Et nous , de ce climat destructeurs implacables ^
Nous , et d'or et de sang toujours insatiables ,
Déserteurs de ces lois qu'il falkit enseigner ,
Nous égorgeons ce peuple, au lieu de le gagner.
Par nous tout est en sang, par nous tout est en poudre ,
Et nous n'avons dn ciel imité que la foudre.
Notre nom , je l'avoue , inspire la terreur ;
Les Espagnols sont craints , mais ils sont .en. horreur :
Fléaux du Nouveau*Monde, injuâtes, vains, avares,
Nous seuls en ces climats nous sommes les barbares,
L'Américain farouche en sa implicite ,
Nous égale .en courage , et nous passe en bonté.
Hélas ! si comme vous il était sanguinaire.
S'il n'avait (des vertus , vous n'auriez plus de père.
Avez-vQus oublié qu'ils m'ont sauvé le jour ?'
Avez-voi^s oublié que près de ce séjour
Je me vis entouré par ce peuple en furie ^
Rendu cruel enfin par notre barbarie ?
Tous les miens, à mes yeux , terminèrent leur soru
J'éuis seul, sans secours, et j'attendais la mort :
Mais à mon nom , mon fils , je vis tomber leurs armes.
Un jeune Américain , les yeux baignés de larmes ,
Au lieu de me frapper , embrassa mes genoux*