‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 266 sur 446 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GUSHAir.

J*Ai sujet de me plaindre Que Ton oppose encore à mes empressemens L'offensante lenteur de ces retardemens.

J*ai suspendu ma loi prête à punir laudace De tous ces ennemis dont tous vouliez la grâce : lis sont en liberté ; mais j'aurais à rougir Si ce faible service eût pu vous attendrir. Jattendaîs encor moins de mon pouvoir suprême ; Je voulais vous devoir à ma flamme, à vous-même; Et je ne pensais pas, dans mes vœux satisfaits, Que ma félicite vous coûtât des regrets.

Que puisse seulement la colère céleste Ne pas rendre ce jour à tous les deux funeste ! Vous voyez quel e£Froi me trouble et me confond : 11 parle dans mes yeux, il est peint sur mon front. Tel est mon caractère : et jamais mon visage N'a de mon cœur enco^ démenti le langage. Qui peut se déguiser pourrait trahir sa foi ; C'est un art de TEurope : il n*est pas fait pour moi.

GUSMAN

Je vois votre franchise , et je sais que Zamore Vit dans votre mémoire, et vous est cher encore. Ce cacique * obstiné, vaincu dans les combats,

' Le mot propre est inca ; mais les Espagnols , accoutamës , dans FAm^rique septentrionale , au titre de cacique , le donnèrent d^abord à tons les SDaverains du Noureau-Monde.

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