‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 270 sur 446 · ACTE II, i^CEJHE L · texte numérisé non relu

ACTE II, i^CEJHE L

Jusqu'aux lieux 4>ii, cessant d'ëdaîrer nos clîaiats, Il ramène l'année, et revient sur ses pas. En6n yotre amitié, vos smns, votre vaillance A mes vastes desseins ont rendu l'espérance ; Et j'ai cru satis&ire, en cet afireux séjour, Deux vertus de mon cœur, la vengeance et l'amour. Nous avons rassemblé des mortels intrépides , Étemels ennemis de nos maîtres avides; Nous les avons laissés dans ces forêts errans, Pour observer ces murs bâtis par nos tjrans. J'arrive, on nous saisit: une foule inhumaine Dans des gouffres profonds nous plonge et nous enchaîne. De ces lieux infernaux on nous laisse sortir, Sans que de notre sort on nous daigne avertir. Amis, où sommes-nous ?« ne pourra-t-onm'instruire Qui commande en ces lieux, quel est le sort d'Alûre? Si Montèze est esclave, et voit encor le jour? S'il traîne ses malheurs en cette horrible cour? Chers et tristes amis du malheureux Zamore, Ne pouvez«vous m'apprendre un destin que j'ignore?

UN AMBaiGAIir.

En des lieux différens, comme toi mis aux fers, Conduits en ce palais par des chemins divers, Étrangers , inconnus chez ce peuple fiirouche, Nous n'avons rien appris de tout ce qui te touche* Cacique infortuné, digne d'un meilleiu* sort, Du moins si nos tyrans ont résolu ta mort. Tes amis avec toi , prêts à cesser de vivre , Sont dignes de t'aimer, et dignes de te suivre.

ZAMORE

Après l'honneur de vaincre , il n'est rien sous les cieux De plus grand en effet qu'un trépas glorieux; Mab motuir dans l'opprobre et dans l'ignominie,

Mais laisser en mourant des fers à sa patrie,

Périr sans se yenger, expirer par les mains

De ces brigands d'Europe, et de ces assassins

Qui , de sang eniyrés, de nos trésors avides.

De ce monde usurpé désolateurs perfides ,

Ont osé me livrer à des.tourmens honteux.

Pour m*arracher des biens plus méprisables qu'eux;

Entraîner au tombeau des citoyens qu'on aime;

Laissera ces tyrans la moitié de soi-même;

Abandonner Alzire à leur lâche fureur :

Cette mort est a£&euse, et Ëiit frémir d'horreur.

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