‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 276 sur 446 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Ne in*apprit rien de lui que son nom el son crime. Ce nom y mon cher Montèie, à mon oœnr si iatal, Du pillage et du meurtre était laflreux signal* A ce nom, de mes bras on arracha ta fille; Dans un-Til esclavage on traîna ta famille : On démolit ce temple , et ces autels chéris , Où nos dieux m'attendaient pour me nommer ton fiU : On me traîna vers lui : dirai-je à quel supplice , A quels maux me livra sa barbare avarice, Pour m'arracher ces biens par lui déifiés. Idoles de son peuple, et que je foule aux pieds? Je fus laissé mourant au milieu des tortures. Le temps ne peut jamais affaiblir les injures: Je viens après trois ans d'assembler des amis, Dans leur commune haine avec nous affermis : Ils sont dans nos forêts , et leur fouie héroïque Vient périr sous ces murs , ou venger TAmérique.

MONTÈZB.

Je te plains; mais hélas ! où vas-tu t'emporter? Ne cherche point la mort qui voulait t'éviter. Que peuvent tes amia, et leurs armes firagiles, Des habitans des eaux dépouilles inutiles, Ces marbres impuissans en sabres fiiçonnés, Ces soldats presque nus et mal disciplinés, Contre ces fiers géans , ces tyrans de, la terre , De fer étincelans, armés de leur tonnerre, Qui s*élancent sur nous, aussi prompts que les vents, Sur des monstres guerriers pour eux obéissans P L*univers a cédé; cédons, mon cher Zamore.

ZAMORS.

Moi fléchir, moi. ramper , lorsque je vis encore ! Ah! Montèze, crois-moi, ces foudres, ces éclairs, . Ce fer dont nos tyrans sont armés et couverts , nààxwiM. Toxa ii. ^3

Ces rapides coursiers, qui sous eux font la guerre «

Pouvaient à leur abord épouvanter la terre :

Je les vois d'un œil fixe , et leur ose insulter;

Pour les vaincre il suffit de ne rien redouter.

Leur nouveauté, qui seule a £iit ce monde esclave,

Subjugue qui la craint, et cède à qui la brave.

L*or, ce poison brillant qui naît dans nos climats ,

Attire ici l'Europe, et ne nous défend pas.

Le fer manque à nos mains ; les cieux, pour nous avares.

Ont fait ce don funeste à des mains plus barbares ;

Mais pour venger enfin nos peuples abattus ,

Le ciel, au lieu de fer, nous donna des vertus.

Je combats pour Alzire , et je vaincrai pour elle*

MONTBZB.

Le ciel est contre toi : calme un frivole lèle. Les temps sont trop changés.

ZAMORB.

Que peux-tu dire, hélas !

Les temps sont*ils changés, si ton cœur ne Test pas? Si ta fille est fidèle à ses vœux , à sa gloire, Si Zamore est présent encore à sa mémoire ? Tu détournes les yeux , tu pleures, tu gémis !

MOHTBZB.

Zamore infortuné !

ZAIIOEB.

Ne 4uis-je plus ton fils P Nos tyrans ont flétri ton âme magnanime ; Sur le bord de la tombe ils t ont appris le crime.

MONTEZB.

Je ne suis point coupable , et tous ces conquérans , Ainsi que tu le crois, ne sont point des tyrans. Il en est que le ciel guida dans cet empire , Moins pour nous conquérir qû'afin de nous instruire ;

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