ACTE II, SCENE lY. 3SS
Qui nous ont apporté de nouvelles vertus , Des secrets immortels et des arts inconnus, La science de l'homme, un grand exemple à suivre ^ Enfin , i*art d'être heureux, de penser et de vivre.
ZAIIORE.
Que dis-tu? quelle horreur ta bouche ose avouer ! Alzire est leur esclave, et tu peux les louer! •
MONTEZB.
Elle n^est point esclave.
ZAMOIIB.
Ah , Montèze ! ah , mon père !
Pardonne à mes malheurs, pardonne à ma colère; Songe qu'elle est à moi par des nœuds éternels : Oui y tu me Tas promise aux pieds des immortels; Ils ont reçu sa foi, son cœur n'est point parjure.
ttOBTTBZB.
N'atteste point ces dieux, enfans de l'imposture, Ces fantômes afireux, que je ne connais plus; Sous le Dieu que j'adore ils sont totis abattus.
ZAMORB.
Quoi ! ta religion ? quoi ! la loi de tios pères P
MOIITBZB.
J*ai connu son néant, j'ai qititté ses chimères. Puisse le Dieu des dieux, dans ce monde ignoré. Manifester son être à ton cœur éclairé ! Puisses-tu mieux connaître, 6 malheureux Zamore! Les vertus de l'Europe, et le Dieu qu'elle adore!
ZAMOBB.
Quelles vertus! cruel ! les tyrans de ces lieux T'ont fait esclave en tout, t'ont arraché tes dieux. Tu les as donc trahis pour trahir u promesse ? Alzire a-t-elle eucore imité ta faiblesse ? Garde-toi....
MOHTÈZB.
Va , mon cœur ne se reproche rien :
Je dois bénir mon sort , et pleurer sur le tien.
ZAMORE
Si tu trahis ta foi, tu dois pleurer sans doute.
Prends pitié des tourmens que ton crime me coûte,
Prends pitié de ce cœur , enivré tour à tour
De zèle pour mes dieux, de vengeance et d amour.
Je cherche ici Gusman , j*y vole pour Alzire ;
Viens, conduis-moi vers elle, et qu'à ses pieds j*ezpire.
Ne me dérobe point le bonheur de la voir ;
Crains de porter Zamore au dernier désespoir;
Reprends un cœur humain , que ta vertu bannie.»