‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 281 sur 446 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

AlAHBS de mon amant , j'ai donc trahi ma foi !

C'en est fait , et Gusman règne à jamais sur moi ! ^

L'océan, qui s'élève entre nos hémisphères,

A donc mis entre nous d'impuissantes barrières;

Je suis à lui , l'autel a donc reçu nos vœux,

Et déjà nos sermens sont écrits dans les cieux !

O toi qui me poursuis , ombre chère et sanglante,

A mes sens désolés ombre à jamais présente ,

Cher amant, si mes pleurs, mon trouble, mes remords

Peuvent percer ta tombe, et passer chez les morts;

Si le pouvoir d'un Dieu fait survivre à sa cendre

Cet esprit d'un héros, ce cœur fidèle et tendre;

Cette ftme qui m'aima jusqu'au dernier soupir,

Pardonne à cet hymen où j'ai pu consentir !

Il fallait m'immoler aux volontés d'un père ,

Au bien de mes sujets , dont je me sens la mère,

A tant de malheureux , aux larmes des vaincus,

Au soin de Funivers, hélas ! où tu n'es plus, (x)

Zamore, laisse en paix mon âme déchirée

Suivre l'affireux devoir où les cieux m'ont limrée;

Souffre un joug imposé par la nécessité;

Permets ces nœuds cruels , ils m'ont assez co&té.

Page 1