‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 292 sur 446 · ALVAREZ, GUSMAN · texte numérisé non relu

ALVAREZ, GUSMAN

JVIéritez donc, mon fiU, un si grand avantage. Vous ayez triomphé du nombre et du courage; Et de tous les vengeurs de ce triste univers , Une moitié n'est plus, et Tautre est dans vos fers. Ah ! n'ensanglantez point le prix de la victoire, Mon fils , que la clémence ajoute à votive gloire. Je vais, sur les vaincus étendant mes secours, Consoler leur misère, et veiller sur leurs jotirs. Vous , songez cependant qu'un père vous implora; Soyez homme et chrétien , pardonnez à Zamore. Ne pourrai-je adoucir vos inflexibles mœurs? Et n*apprendrez-vous point à conquérir des cœurs?

ÇUSHÀN.

Ah ! vous percez le mjien. Demandez-moi ma vie^ Mais laissez un champ libre à ma juste furie: Ménagez le courroux de mon cœur opprimé. Comment lui pardonner? le barbare est aimé.

AI.VAABZ»

Il ej^ est plus à plaindre.

GUSXAir.

A plaindre ?. lui , mon père !

Ah ! quon me plaigne ainsi , la mort me sera chère.

ÀLYAHEZ.

Quoi ! TOUS joignez encore à cet ardent courroux La fureur des soupçons, ce tourment des jaloux?

GUSMAtr.

Et TOUS condamneriez jusqu'à ma jalousie ? Quoi ! ce juste transport dont mon âme est saisie, Ce triste sentiment, plein de honte et d*horreur, Si légitime en m(ù , trouve en tous un censeur ! Vous yojez sans pitié ma douleur effrénée !

ÀLTAHEZ.

Mêlez moins â*amertume à votre destinée; Alzire a des vertus, et loin de les aigrir, Par des dehors p)us doux vous devez Tattendrir. Son cœur de ces climats conserve la rudesse. Il résiste à la force , il cèd^ à la souplesse ; Et la douceur peut tout sut notre volonté.

GUSMAir.

Moi, que je flatte encor Torgueil de sa beauté? Que sous un front serein déguisant mon outrage, A de nouveaux mépris ma bonté l'encourage? Ne"devriez-vôus pas , de mon honneur jaloux , Au lieu de le blâmer, partager mon courroux? J'ai déjà trop rougi d'épouser une esclave , Qui m'ose dédaigner, qui me hait , qui me brave. Dont un autre à mes yeux possède ettcor le cœur. Et que j'aime, en un mot , pour comble de malheur.

AI«VARBZ.

Ne vous repentez point d'un anour légitime ; Mais sachez le régler : tout excès mène au crime. Promettez-moi du moins de ne décider rien , Avant de m'accorder un second entretien.

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