‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 297 sur 446 · ALZIRE, ÉMIRE · texte numérisé non relu

ALZIRE, ÉMIRE

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Jb succombe I il me laisse :

Il part ; que va-t^il faire P O moment plein d'effroi ! Gusman ! quoi ! c'est donc lui que j'ai quitté pour toi ! Émire , suis ses pas, vole, et reviens m'instruira S'il est en sûreté, s'il faut que je respire. Va voir si ce soldat nous sert ou nous trahit.

( Émire sort ) Un noir pressentiment m'afflige et me saisit : Ce jour, ce jour pour moi ne peut être qu'horrible. O toi , Dieu des chrétiens, Dieu vainqueur et terrible ! Je connais peu tes lois ; u main , du haut des cieux, Perce à peine un nuage épaissi sur mes yeux ; Mais si je suis à toi ^ si mon amour t'offense, Sur ce cœur malheureux épuise ta vengeance. Grand Dieu, conduis Zamore au milieu des déserts ; Ne serais-tu le Dieu que d'un autre univers? Les seuls Européans sont-ils nés pour te plaire ? Es-tu tyran d'un monde , et de l'autre le père ? Les vainqueurs, les vaincus, tous ces &ibles humains, Sont tous également l'ouvrage de tes mains. Mais de quels cris affreux mon oreille est frappée! J'entends nommer Zamore : ô ciel ! on m'a trompée. Le bruit redouble, on vient ; ah ! Zamore est perdu.

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