ACTE I, SCENE I. 4o
11 reste donc, notre triste beau-père, A faire ici donation entière De tous vos biens, contrats, acquis, conquis, Présens, futurs, k monsieur votre fils, En réservant sur votre vieille tête D'un usufruit Tentretien fort honnête; Le tout en bref arrêté, cimenté.
Pour que ce fils, bien cossu, bien doté, Joigne à nos biens une vaste opulence : Sans quoi soudain ma Lise à d'autres pense.
EUPHBVON.
Je Tai promis, et j'y satisferai ; Oui , Fierenfat aura le bien que j'ai.
Je veux couler au sein de la retraite La triste fin de ma vie inquiète; Mais je voudrais qu'un fils si bien doté Eût pour mes biens un peu moins d'âpreté. J'ai vu d'un fils la débauche insensée. Je vois dans l'autre une âme intéresse.
RONDOlf.
Tant mieux ! tant mieux !
ECPBBMOlf.
Cher ami, je suis né Pour n'être rien qu'un père infortuné.
RONDOIf.
Voîlà-t-il pas de vos jérémiades , De vos regrets , de vos complaintes fades ? Voulez-vous pas que ce maître étourdi, Ce bel aîné dans le vice enhardi, Yçnant gâter les douceurs que j'apprête, Dans cet hymen paraisse en trouble-fâte?
EUPHEMON.
Non,
4o6 L'ENFANT PRODIGUE,
ftOHDOW.
Voulez-vous qu'il vienne sans façon Mettre en jurant le feu dans la maison ?
BUPHBMOir,
Non.
Roifnoir.
Qu'il vous batte, et qu'il m'enlève Lise?^ Lise autrefois à cet aîné promise; Ma Lise qui....
ElTFHÉlIOir.
Que cet objet charmant Soit préservé d'un pareil garnement!
aoiiDOir.
Qu'il rentre ici pour dépouiller son père? Pour succéder?
SUPHÉMOir.
Non...» tout est k son frère.
RONDON.
Ah ! sans cela point de lÀse pour lui.
BVPHBllOlf.
Il aura lise et mes biens aujourd'hui; Et son aîné n'aura pour tout partage Que le courroux d'un père qu'il outrage : Il le mérite, il fut dénaturé.
BOITDOV.
Ah ! vous l'aviez trop long-femps enduré. L'autre du moihs agit avec prudence ; Mais cet aîné ! quel trait d'extravagance ! Le libertin, mon Dieu, que c'était là ! Te souvient*il, vietix beau-père, ah, ah, ah , . Qu'il te vola, ce tour est bagatelle.
Chevaux, habits, Unge, meubles, vaisselle. Pour équiper la petite Jourdain,