‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 315 sur 446 · SCÈNE IL EUPHÉMON, RONDON, LISE, MARTHE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL EUPHÉMON, RONDON, LISE, MARTHE

RONnON.

' Approchez , venez , Lise ; Ce jour pour vous est un grand jour de crise. Que je te donne un mari jeune ou vieux, Ou laid ou beau, triste ou gai, riche ou gueux, Ne sens-tu pas des désifs de lui plaire. Du goût pour lui, de Tamour P

LISE

Non, mon père.

RONnON.

Gomment, coquine?

EUPHBMOlf.

Ah , ah ! notre féal , Votre pouvoir va , ce semble ^ un peu mal : Qu*est devenu ce despotique empire ?

RONDOir.

Comment! après tout ce que j'ai pu dire, Tu n'aurais pas un peu de passion Pour ton futur époux?

LISE

Mon père, npn*

RONDOir*

Ne sais-tu pas que le deroir t'oblige A lui donner tout ton cœur?

LISE

Non 9 vousdis-je.

Je sais, mon père , à quoi ce nœud sacré Oblige un cœur de vertu pénétré; Je sais qu'il faut, aimable eti sa sagesse, De son époux mériter la tendresse , Et réparer du moins par la bonté Ce que le sort nous refuse en beauté; Être au dehors discrète , raisonnable ; Dans sa maison, douce, égale, agréable:

Quant à lamour, c'est tout un autre point; Les sentimens ne se commandent point.

N'ordonnez rien; lamour fuit Tesdavage* De mon époux le reste est le partage ; Mais pour mon cœur, il le doit mériter: Ce cœur au moins , difficile à dompter, Ne peut aimer ni par ordre d'un père, Ni par raison , ni par-devant notaire.

BUPHSMOlf. y

C'est à mon gré raisonner sensément; J'approuve fort ce juste sentiment. ^ C'est à mon fils à tâcher 'de se rendre Digne d'un coeur aussi noble que tendre.

HOHDOH,

Vous tairez-vous, radoteur complaisant, Flatteur barbon, vrai corrupteur d'enfant? Jamais sans vous ma fille, bien apprise ,

N'eût devant moi lâché cette sottise.

(à Lise.) Écoute, toi : je.te bâille un mari

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