‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 319 sur 446 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LISE, MARTHE, le prbsidewt PIERENFAT.

Je Vavoùrai , cette donation

Doit augmenter la satisfaction

Que vous avez d'un si beau mariage.

Surcroît de biens est Târae dun ménage:

Fortune, bonneurs et dignités , je croi.

Abondamment se trouvent avec moi;

Et Yous aurez dans Cognac, à la ronde |

L'honneur du pas sur les gens du beau mondet

C'est un plaisir bien flatteur que cela :

Vous entendrez murmurer, « la voilà. »

En vérité, quand j'examine au large

Mon rang, mon bien , tous les droits de ma charge,

Les agrémens que dans le monde j'ai ,

Les droits d'aînesse où je suis subrogé ,

Je vous en fais mon compliment , madame,

MARTHE

Moi , je la plains : c'est une chose infime Que vous mêliez dans tous vos entreiienSi Vos qus|Iités, votre rafig, et vos biens. Être 4 l^ fois et Midaset Narcisse,

4i6 L'ENFANT PRODIGUE,

Enflé d'orgueil et pincé d'avarice; Lorgner sans cesse avec un. œil content Et sa personne et son argent comptant; Être en rabat un petit*maître avar^; Cest un excès de ridicule rare:

Un jeune fat passe encor; mais, ma foi, Un jeune avare est un monstre pour moi.

FIERENFAT.

Ce n'est pas vous, probablement, ma mie, A qui mon père aujourd'hui' me marie; C est à madame : ainsi donc, s'il vous plaît, Prenez à nous un peu moins dlntérét.

(à Lise.)

Le silence est votre fait.... Vous, madame. Qui dans une heure ou deux serez ma femme. Avant la nuit vous aurez la bonté De me chasser ce gendarme effronté.

Qui, sous le nom d'une fille suivante.

Donne carrière à sa langue impudente.

Je ne .suis pas un président pour rien; Et nous pourrions l'enfermer pour son bien.

MARTHS, à Lise.

Défendez-mot , parlez-lui , parlez ferme : Je suis à vous, empêchez qu'on m'enferme; Il pourrait bien vous enfermer aussi.

LISE

J'augure mal déjà de tout ceci.

MARTHE

Parlez-lui donc , laissez ces vains murmures.

LISE

Que puis-je, hélas ! lui dire?

MARTHE

Des injures*'^

Page 1