ACTE II, SCENE Ht
MARTHE
On dit quelle est assez grande épouseuse, Un peu plaideuse, et beaucoup radoteuse.
LISE
Des sièges donc. Madame, pardon si....
M"** CROnPILLAC.
Ah! madame l
LISS.
Eh! madame!
M"** CROUPILIiAG.
Il faut aussL,.*
LISE
S'asseoir, madame. \
M°^ CROUP ILLAG, uaiM.
En Téritë, madame, Je suis confuse; et dans le fond de l'àme Je Toudrais bien....
liISS.
Madame?
M"^ CROUPILIiAG*
Je TOudrais Vous enlaidir, tous Ater vos attraits.
Je pleure, hélas! vous voyant si jolie.
LISE
Consolez-YOus, madame.
M"* CROUPILLAC
Oh! non, ma mie, Je ne saurais; je Tois que tous aurez Tous les maris que tous dem^nderes.
J'en avais un , du moins en espérance , Un seul , hélas ! c'est bien peu , quand j'y pense , Et j'avais eu grand' peine à le trouver ; Vous me l'ôtez, vous allez m'en priver.
/,a4 L'ENFAPTT PRODIftUE,
Il est un temps, ah ! que ce temps yiem TÎte! Qii Ton perd tout quand un amant nous quitte , Oîi l'on est seules et certe il n*est pas bien D enlever tout à qui n'a presque rien.
LISE
Excusez- moi si je suis interdite De vos discours et de votre visite.
Quel accident afflige vos esprits?
Qui perdez-vous? et qui vous ai-je pris?
M"* CROUPILLAC.
Ma chère en&pt, il est force bégueules Au teint ridé, qui pensent qu'elles seules , Avec du fard et quelques fausses dents , Fixent l'amour, les plaisirs et le temps : Pour mon malheur, hélas ! je suis plus sage ; Je vois trop bien que tout passe, et j'enrage.
LISE
J'en suis fichée, et tout est ainsi fait; Mais je ne puis vous rajeunir.
M"* CROVPILLAC.
Si fait; J'espère encore ; et ce serait peut-être Me rajeunir que me rendre mon traître.
LISE
Mais de quel traître ici me parlez«vous?
M"* CROUPILLAG.
D'un président, d'un ingrat, d'un époux, Que je poursuis , pour qui je perds haleine, Et sûrement qui n'en vaut pas la peine.