‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 326 sur 446 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Je ne parlais jamais aux présidens ; Je haïssais leur personne et leur style ; Mais avec Tâge on est moins difficile,-

LISE

Enfin, madame?

M"^ CROUPILLAC.

Enfin il faut savoir Que vous m'avez réduite au désespoir.

LISE

Comment ? en quoi ?

M*^ GROUPILLAC.

J^étais dans Angouléme, Veuve, et pouvant disposer de moi-même : Dans Angoulême, en ce temps, Fierenfat Étudiait; apprenti magistrat; Il me lorgnait ; il se mît dans la tête Pour ma personne un amour malhonnête, Bien malhonnête, hélas ! bien outrageant; Car il fesait l'amour à mon argent.

Je fis écrire au bon-homme de père :

On s'entremit, on poussa loin l'affaire ; Car en mon nom souvent on lui parla : Il répondit qu'il verrait tout cela ; Vous voyez bien que la chose était sûre.

LISE

Oh, oui.

M"" CROUPILLAC.

Pour moi , j'étais prête à conclure.

De Fierenfat alors le frère aîné A votre lit fut, dit-on , destiné.

LISE

Quel souvenir !

4a« L'ENFANT PRODIGUE,

H*" CROUPILLAG.

C'était un fou, ma chère, Qui jouissait de Vhonneur de tous plaire.

lilSB.

Ah!

M""* GHOnPILLAG.

Ce fou-là s'étant fort dérangé , Et de son père ayant pris son congé, Errant, proscrit, peut-être mort, ({ue sais-je? ( Vous TOUS troublez ! ) mon héros de collège, Mon président , sachant que votre bien Est, tout compté, plus ample que le mien, Méprise enfin ma fortune et mes larmes : De votre dot il convoite les charipes; Entre vos bras il est ce soir admis.

Mais pensez-vous qu'il vous soit bien permis D aller ainsi , courant de frère en frère , Vous emparer d'une famille entière?

Pour moi, déjà , par protestation , J'arrête ici la célébration ; J'y mangerai mon château , mon douaire ; Et le procès sera faiit de manière Que vous, son père, et les enfans que j'ai , Nous serons morts avant qu'il soit jugé.

LISE

En vérité, je suis toute honteuse

Que mon hymen vous rende malheureuse ;

Je sub peu digne , hélas ! de ce courroux.

Sans être heureux on fait donc des jaloux !

Cessez, madame, avec un œil d'envie

De regarder mon état et ma vie f

On nous pourrait aisément accorder : .

Pour un mari je ne veux point plaider.

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