ACTE II, SCENE VI
&ONDON.
Yoilà y ma foi, sa pension payée.
LISE
Il serait mort!
AONBOlf.
N'en sois point effirayëe ; Va , que t'importe ?
FIBRBlfFAT.
Âh ! monsieur, la pâleur De son visage efface la couleur.
aONDOK.
Elle est, ma foi^ sensible : ah! la friponne! Puisqu'il est mort, allons, je te pardonne.
FIERENFÀT.
Mais après tout, mon père, voulei-yousP...
BUPHEMOir.
Ne craignez rien , tous serez son époux : C'est mon bonheur. Mais il serait atroce Qu'un jour de deuil devint un jour de noce. Pttis-je, mon fils, mêler à ce festin Le contre-temps de mon juste chagrin.
Et sur vos fironts parés de fleurs nouvelles Laisser couler mes larmes paternelles P Donnez , mon fils , ce jour à nos soupirs , Et différez l'heure de vos plaisirs :
Par une joie indiscrète, insensée.
L'honnêteté serait trop offensée.
LISS.
Ah! oui, monsieur, j'approuve vos douleurs ; Il m'est plus doux de partager vos pleurs Que de former les ncsuds du mariage.
FIBXBNFAT.
Eh ! mais, mon père....
HONDON.
Eh! TOUS n'êtes pas sage.
Quoi ! différer un hjrmen projeté , Pour un ingrat cent fois déshérité , Maudit de vous, de sa fisimille entière!
BUPHBMOlf.
Dans ces momens un père est toujours père : Ses attentats et toutes ses erreurs Furent toujours le sujet de mes pleurs; Et ce qui pèse à mon âme attendrie , C'est quil est mort sans réparer sa vie.
&0ND01f.
Réparons-la ; donnons-nous aujourd'hui Des petits-fik qui vaillent mieux que lui; Signons , dansons, allons. Que de faûblesse!
SUPH^KOir.
Mais....
BONDOir.
Mais I morbleu ! ce procédé me blesse : De regretter même le plus grand bien , C'est fort mal fait : douleur n'est bonne à rien ; Mais regretter le fsirdeau qu'on vous 6te, C'est une énorme et ridicule faute.
Ce fils aîné , ce fils.^ votre fléau, Vous mit trois fois sur le bord du tombeau. Pauvre cher homme! allez, sa firénésie Eût tôt ou tard abrégé votre vie.
Soyez tranquille, et suivez mes avis; C'est un grand gain que de perdre'un tel fils.
BUPRBKON.
Oui , mais ce gain coûte plus qu'on ne pense ; Je pleure, hélas ! sa mort et sa naissance.