‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 334 sur 446 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

&ONDON.

Yoilà y ma foi, sa pension payée.

LISE

Il serait mort!

AONBOlf.

N'en sois point effirayëe ; Va , que t'importe ?

FIBRBlfFAT.

Âh ! monsieur, la pâleur De son visage efface la couleur.

aONDOK.

Elle est, ma foi^ sensible : ah! la friponne! Puisqu'il est mort, allons, je te pardonne.

FIERENFÀT.

Mais après tout, mon père, voulei-yousP...

BUPHEMOir.

Ne craignez rien , tous serez son époux : C'est mon bonheur. Mais il serait atroce Qu'un jour de deuil devint un jour de noce. Pttis-je, mon fils, mêler à ce festin Le contre-temps de mon juste chagrin.

Et sur vos fironts parés de fleurs nouvelles Laisser couler mes larmes paternelles P Donnez , mon fils , ce jour à nos soupirs , Et différez l'heure de vos plaisirs :

Par une joie indiscrète, insensée.

L'honnêteté serait trop offensée.

LISS.

Ah! oui, monsieur, j'approuve vos douleurs ; Il m'est plus doux de partager vos pleurs Que de former les ncsuds du mariage.

FIBXBNFAT.

Eh ! mais, mon père....

HONDON.

Eh! TOUS n'êtes pas sage.

Quoi ! différer un hjrmen projeté , Pour un ingrat cent fois déshérité , Maudit de vous, de sa fisimille entière!

BUPHBMOlf.

Dans ces momens un père est toujours père : Ses attentats et toutes ses erreurs Furent toujours le sujet de mes pleurs; Et ce qui pèse à mon âme attendrie , C'est quil est mort sans réparer sa vie.

&0ND01f.

Réparons-la ; donnons-nous aujourd'hui Des petits-fik qui vaillent mieux que lui; Signons , dansons, allons. Que de faûblesse!

SUPH^KOir.

Mais....

BONDOir.

Mais I morbleu ! ce procédé me blesse : De regretter même le plus grand bien , C'est fort mal fait : douleur n'est bonne à rien ; Mais regretter le fsirdeau qu'on vous 6te, C'est une énorme et ridicule faute.

Ce fils aîné , ce fils.^ votre fléau, Vous mit trois fois sur le bord du tombeau. Pauvre cher homme! allez, sa firénésie Eût tôt ou tard abrégé votre vie.

Soyez tranquille, et suivez mes avis; C'est un grand gain que de perdre'un tel fils.

BUPRBKON.

Oui , mais ce gain coûte plus qu'on ne pense ; Je pleure, hélas ! sa mort et sa naissance.

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