‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 337 sur 446 · ACTE m, SCENE I. 44t · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE I. 44t

Mais en quel lieu sommes^ous, cher Jasmin ?

JASIIIH.

Près de Cognac, si je sais mon chemin;

Et l'on m'a dit que mon ^ieux premier maître,

Monsieur Rondbn, loge en ces lieux peut-être.

BUPHBMOH fils.

Rondon, le père de.... Quel nom dis-tu ?

JASMIN

Le nom d'un homme assez brusque et bourru. Je fus jadis page dans sa cuisine ; Mais, dominé d'une humeur libertine, Je Toyageai : je fus depuis coureur , Laquais, commis, fantassin, déserteur; Puis dans Bordeaux je te pris pour mon maître. De moi Rondon se souTÎendra peut-être; Et nous pourrions dans notre adyersité....

BUPHBiioif iils.

Et depuis quand, diis-moi, Tas-tu quitté?

7ASMIlf.

Depuis quinze ans. C'était un caractère.

Moitié plaisant, moitié triste et colère.

Au fond , bon diable : il ayait un enfemt,

Un vrai bijou, fille unique vraiment,

Œil bleu , nez court , teint frais , boudie Termeille ,

Et des raisons ! c'était une menreille.

Cela pouvait bien avoir de mon temps,

A bien compter, entre six à sept ans.

Et cette fleur, avec l'ige embellie.

Est en état, ma foi, d'être cueillie.

BUPHBMOii fils.

Ah, malheureux!

JASMIN

Mtts j'ai beau le parler ,

Ce qiM je dis ne te peut coaioler :

Je vois toujours à travers la Tisière Tomber des pleurs qui bordent ta paupièrei ' BUPHÉMOH fils.

Quel coup du sort» ou quel ordre des deux A pu guider ma misère en ces lieux?

Hélas!

JASMIN

Ton œil contemple ces demeures ; Tu restes là tout pensif, et tu pleures*

BVPHBKOH fils.

Ten ai sujet.

JASMIN

Mais connais-tu Rondon P Serais-tu pas parent de la maison?

BUPHBMON fils.

Ah ! laisse-moi. «

JASMIN, en r«nbrmtMuit.

Par charité, mon maître, Mon cher ami, dis-moi qui tu peux être.

BUPBdftMON fils, en pleurant •

Je suis.... je suis un malheureux mortel , Je suis un fi>u, je suis un criminel.

Qu'on doit haïr, que le ciel doit poursuiTre, Et qui devrait être mort.

JASMIN

Songe à yivre ; Mourir de faim est par trop rigoureux : Tiens, nous avons quaO'e mains à nous deux. Servons-nous-en , sans complainte importune. Vois-tu d'ici ces gens dont la fortune Est dans leurs bras, qui, hr bêche à la main, Le dos courbé, retournent ce jardin ?»

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