‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 339 sur 446 · SCÈNE IL M- CROUPILLAC, EUPHÉMON fils, JASMIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IL M- CROUPILLAC, EUPHÉMON fils, JASMIN

M™* CROUPILLAC, dans renfonoement.

QuB vois-je ici ? serais-je aveugle ou borgne ? C'est lui, ma foi! plus j avise et je lorgne Cet homme-là , plus je dis que c'est lui.

(Elle le considère. ) Mais ce n'est plus le même homme aujourd'hui. Ce cavalier brillant dans Angoulême, Jouant gros jeu, cousu d*or.... c'est lui-même.

( Elle s'approche d'Euphëmon. ) Mais l'autre était riche, heureux, beau, bien fait, Et celui-ci me semble pauvre et laid.

La maladie altère un beau visage; La pauvreté change encor davantage.

lASMIlT.

Mais pourquoi donc ce spectre féminin Nous pour8uit*il de son regard malin ?

BnPHiMOR fils.

Je la connais ,1 hélas ! ou je me trompe;

444 L'ENFANT PRODIGITE,

Elle ma vu dans réclàt, dans la pompe, n est afFreux d'être ainsi dépouillé Aux mêmes yeux auxquels on a brillé.

Sortons.

M™* C R OV V I II InA. g j •'•▼an^t vert EvpliéiiiOB»

Mon fils, quelle étrange aventure T*a donc réduit en si piètre posture ? BUPHÉMON fils.

Ma faute.

M"* GEOUPILLAG.

Hélas ! comme te voilà mis i

JASMIll.

C'est pour avoir eu d'excellens amis , C'est pour avoir été volé, madame.

M™ GROUPILLAC.

Volé ! par qui ? comment ?

JASMIN

Par bonté d'âme.

Nos voleurs sont de très honnêtes gens , Gens du beau monde, aimables fainéans, Buveurs, joueurs, et conteurs agréables, Des gens d'esprit, des femmes adorables.

M"* GEOUPILLAG.

Tentends , j'entends , vous avez tout mangé : Mais vous serez cent fois plus affligé Quand vous saurez les excessives pertes Qu'en fait d*hymen j*ai depuis peu souffertes^

BUPHBMON fils.

Adieu, madame.

M"" CROUPILLAC, rarrétaat.

Adieu ! non , tu sauras Mon accident^ parbleu ! tu me plaindras.

Page 1