ACTE III, SCENE m
Dans la débauche, et fait honte à son père. De tous cAtéft je suis bien malheureux I Tai deux enfans , ils m accablent tous deux : L'un , par sa perte et par sa vie in Ame , Fait mon supplice, et déchire mon âme; L'autre en abuse; il sent trop que sur lui De mes vieux ans j'ai fondé tout l'appui. Pour moi la vie est un poids qui m'accable.
(apercerant Jasmin qui le salue.) Que me veux-tu , l'ami?
JÂSKIH.
Seigneur aimable, ÎLeconnaissez, digne et noble Euphémon, Certain Jasmin élevé chez Rondon.
BUPHBMON.
Ah! ah! c'est toi ? Le temps change un visage | Et mon front chauve en sent le long outrage. Qupnd tu partis, tu me vis encor frais; Mais l'âge avance , et le terme est bien près. Tu reviens donc enfin dans ta patrie ?
JASMIN
Oui^ je suis las de tourmenter ma vie, De vivre errant et damné comme un juif: Le bonheur semble un être fiigitif :
Le diable enfin, qui toujours me promène , Me fit partir; le diable me ramène.
BUPHBMON.
Je t'aiderai : sois sage, si tu peux.
Mais quel était cet autre malheureux Qui te parlait dans cette promenade, Qui s'est enfui?
JASMIN
Mais.... c'est mon camarade,
SBiATAX. TOMB II. 2Q
45o L'ENFANT PRODIGUE,
Un pauvre hère , affiatmë comme moi , Qui, n'ayant rien, cherche aussi de l'emploi.
BUPHEMOBT.
On peut tous deux vous occuper peut-être. A-t-il des mœurs ? est-il sage?
lASMIH.
Il doit rétro, le lui connais d'assez bons sentimens; Il a de plus de fort jolis talens ; II sait écrire, il sait Tarithmétique , Dessine un peu , sait un peu de musique : Ce drôle-là fut très bien élevé.
EUPBÉMOlf.
S'il est ainsi, son poste est tout trouvé; Jasmin , mon 61s deviendra votre maître : Use marie, et dès ce soir peut-être; Avec son bien son train doit augmenter. Un de ses gens qui vient de le quitter Vous laisse encore une place vacante :
Tous deux ce soir il &ut qu'on vous présente; Vous le verrez chez Rondon, mon voisin; J'en parlerai. J'y vais : adieu , Jasmin. En attendant, tiens, voici de quoi boire.